Vendredi matin, 10 heures, le téléphone de la maison sonne !
« -Allo Michel ?
-Oui......
-c'est Paul !
-Paul ?
-Oui, Paul ! Comment ça va ? »
Le temps que mon cerveau intègre cette voix, que les synapses la reconnecte à ma mémoire, tout cela en une fraction de micro-seconde.......
« -Ah oui Paul, quel plaisir de t'entendre !
-Je suis avec Albert ! »
J'ai travaillé avec et sous la responsabilité de Paul pendant quatorze ans, période pendant laquelle j'ai beaucoup appris à son contact. Paul est un très grand professionnel qui a exercé des responsabilités nationales. Nous sommes restés amis après mon départ et nos relations ont toujours été agréables, voir familiales.
Albert est un ami d'enfance de mon épouse, et, forcément, j'ai fait sa connaissance ainsi que celle de sa mère et de ses sœurs, lorsque j'ai rencontré Marie-Claude. Albert est un pilier de la communauté juive toulousaine et actuellement Président du Bné Brith de Toulouse.
Paul n'est venu qu'une seule fois en Israël avec son épouse, et Albert, célibataire endurci, a fait pratiquement parti de tous les voyages officiels organisés par les associations juives de Toulouse.
Et, effectivement, dans la nuit du mardi au mercredi précédente, en revenant de l'Opéra de Tel Aviv ou nous étions allés voir Carmen, j'avais trouvé un mail sibyllin de Paul me demandant mes coordonnées car il partait pour un voyage en Israël, mais il ne pouvait me dire ou il serait ! Je lui avais répondu, mais n'ayant pas de nouvelle depuis, j'avais oublié.
Et voila que j'avais maintenant Paul au téléphone.
« -Où êtes vous ?
-A Jaffa, dans une maison militaire ! »
Et voici l'histoire complète :
Il y a trois décennies de cela, un demi-millier de volontaires américains réunis dans l’urgence par le Général Aharon Davidi venaient en aide à la population du Nord d’Israël, contrainte de sacrifier ses récoltes pour aller défendre ses frontières. Ainsi naissait Sar-El – Sherut Le Israel, le projet National des Volontaires pour Israël.
Chaque année, ce sont plusieurs milliers de volontaires qui, sans distinction de nationalité ou même de religion, apportent leur contribution à la branche logistique de l’armée israélienne.
Sar-El a «enrôlé» un total de 127 000 actifs, répartis en 35 nationalités différentes, parmi lesquelles dominent les Etats-Unis, la Russie, et avant tout la France, avec 30 000 volontaires, en l’espace de trente ans.
Ce qui les rassemble : un désir profond de venir en aide à l’Etat d’Israël.
L’expérience que propose l’association Sar-El est aussi une formidable occasion de découvrir le pays ; certains décident d’y rester, même si Sar-El n’a pas pour objectif d’installer ses volontaires en Israël, et leur laisse à ce sujet «le plus grand libre-arbitre».
Il est aussi possible de soutenir Israël depuis la Diaspora, sans être volontaire dans les bases de l’armée. Envoyer un don est aussi une façon de contribuer à améliorer les conditions de vie des volontaires.
Le Général de réserve Aharon Davidi a créé Sar-El à 55 ans, et il a aujourd’hui presque 83 ans !
Et voilà que nos deux lascars, habitués aux hôtels 5 étoiles, aux restaurants de luxe, au confort douillet de leur intérieur, viennent, à plus de 65 ans, passer dix jours dans une base militaire perdue du coté d'Ashdod, en plein désert, pour assembler des étagères métalliques, contrôler l'exactitude du contenu de paquetages, dormir dans des bas-flancs, transpirer dans leur uniformes kakis et sous la surveillance pointilleuse d'officiers de Tsahal !
« -Mais qu'est ce qui vous a poussé à venir faire du volontariat ? Leur ai je demandé.
-C'est ma sœur m'a répondu Albert, cela fait plusieurs années qu'elle en a fait, et, nous nous sommes dits que si nous ne le faisions pas maintenant, à notre âge, nous ne le ferions jamais ! »
-C'est ma sœur m'a répondu Albert, cela fait plusieurs années qu'elle en a fait, et, nous nous sommes dits que si nous ne le faisions pas maintenant, à notre âge, nous ne le ferions jamais ! »
Bien évidemment, nous étions contents de les voir, nous avons soupé en famille chez notre fille, au bord de la piscine, en compagnie de toute la partie israélienne, le lendemain midi ils voulaient nous inviter à déjeuner, nous les avons emmené a Hertzlya, face à la mer, dans un excellent restaurant de poissons, Albert avait de vagues souvenirs de Césarée, nous les avons emmené à Césarée pour une visite du parc archéologique et, en fin de journée, petite visite rapide de Tel Aviv, la Cinémathèque, Sdérot Rotschild, la Tayelette et, enfin, retour à Jaffa ou le reste de la troupe les attendait pour passer la soirée avant de retourner dans la base le lendemain à l'aube, bref, une tournée dans les environs et dans tel Aviv de prés de 150 km.
Je ne vous parlerai pas de l'état de la maison militaire de Jaffa, leur « hôtel » pour deux nuits, un poème !!!
Aussi je ne peux que les féliciter pour leur courage et leur décision, c'est la preuve que lorsque l'on aime Israël, il n'y a pas d'âge pour s'engager.
Cependant, une remarque d'Albert m'a interpellée. Cela fait plus de trente ans qu'il vient en Israël, en compagnie d'organisations officielles, pour rencontrer les différents présidents, premiers ministres, pour résider dans de grands hôtels, pour être véhiculé dans tout le pays, toujours en bus, accompagné d'un guide, d'un chauffeur et d'un garde.
Sur le chemin du retour il m'a fait part de son étonnement quand à la facilité de circulation dans le pays.
«-Je n'aurais jamais cru qu'il soit aussi facile de circuler dans le pays, la qualité et la quantité des routes, de voir la façon dont tu conduits, ta confiance, les différentes itinéraires que tu empruntes sans te soucier, je suis très étonné ! Je ne pensai pas cela possible !»
C'est à dire que bien qu'Albert soit un inconditionnel d'Israël, il avait quand même des doutes sur la sécurité et l'organisation du pays. Il était malgré tout conditionné par ce que l'on dit en France !
Au revoir et à bientôt, LéHitraote !
Michel RAPOPORT

Groupe de volontaires

La montée du drapeau
Remise du diplôme
Remise des épaulettes
Paul et Albert avec leur officier
Détente au restaurant face à la mer
P.S. Les photos ont été gracieusement fournies par les volontaires.