samedi 20 février 2010

vive l'hiver

Nous venons de vivre notre première semaine de printemps, voir d''été ! Les températures, à l'ombre, ont varié de 23 à 32 degrés au cours de la semaine écoulée. D'après les météorologues, l'hiver ne serait pas fini.

Mais qu'est ce que l'hiver en Israël ?

Cela commence par un second printemps ! Dés la première pluie, la terre, les arbres, les plantes, les humains, les animaux, asséchés par des mois de canicule, respirent et reviennent a la vie !

Cette première pluie se situe fin novembre, début décembre.

Elle est parfois légère comme une petite bruine, parfois très lourde comme le disent les dictons : « il tombe des hallebardes » ou bien « il pleut comme vache qui pi..e ».

Plusieurs jours avant, en plus de la formule de politesse habituelle que s'échange les gens, ils s'annoncent la venue prochaine de la pluie. « Elle sera là demain, ou dans trois jours, ou la semaine prochaine, elle va durer, elle sera de courte durée, la chaleur va revenir... »
Les prévisions météorologiques israéliennes sont très précises, ce qui fait que tout le monde sait ce qui va se passer, à quelques kilomètres près.

Chacun apporte son commentaire sur les prévisions entendues à la radio ou à la télévision, ou lues dans les journaux ou sur internet. Cette année, un comité de rabbins a même organisé une séance de prière pour la venue de la pluie.

Puis, soudain, ELLE est là ! Les enfants et même parfois des adultes, sortent de leurs maisons, vont dans leurs jardins ou dans la rue, pour sentir, au sens propre du terme, la pluie ! Elle se manifeste de différentes façons, parfois, subitement, comme si l'on venait de tourner un robinet, sans bruit, parfois, accompagnée de grondement de tonnerre et d'éclairs.

Les rosiers fleurissent, des feuilles d'un vert tendre apparaissent sur les branches des arbres, les haies se couvrent de magnifiques corolles roses, bleues ou blanches, et le feuillage qui recouvre la clôture entre notre immeuble et le voisin se pare d'une multitude de fleurs oranges.

Et le désert fleurit !

Pendant ce temps, les humains se couvrent pour se protéger du froid et surtout de l'humidité, les parapluies font leur apparitions. Le froid, a Ra'anana, est relatif. La température la plus basse constatée à sept heure du matin, sur mon thermomètre extérieur, n'est pas descendue en dessous de huit degrés. Certes, à Jérusalem, Béer Sheva, ou Katzrin, elle peut descendre jusqu'à zéro degrés.

Le froid s'installe dans notre appartement par le sol. Nous habitons un premier étage et nous n'avons personne en dessous pour chauffer l'air. Nous avons acheté quatre radiateurs à bain d'huile que nous avons répartis dans l'appartement, nous les surveillons en permanence car ils ne sont pas équipés de thermostat d'ambiance, et ils nous fournissent une température régulière comprise entre vingt et vingt et un degrés.
Lors des averses, les canalisations d'évacuation des eaux de pluie crachent de l'eau qui jaillit par saccade à cinquante centimètres au dessus du sol, les conduits n'étant pas enterrés. Les automobilistes se plaisent à rouler à vive allure dans les flaques d'eau, le sable devient boue, certaines aires de jeu sont inondées au grand plaisir des enfants, et, parfois, lorsque la pluie descend du ciel comme un véritable rideau d'eau, la réception par satellite des chaines de télévision est interrompue, l'eau faisant un écran entre la tête de réception et la parabole.

Cependant, nous avons rarement rencontré des gens mécontents de la pluie, tout le monde ici à le sourire pendant les épisodes pluvieux. Alors qu'à Toulouse, les gens se plaignaient tout le temps, en Israël, on en redemande. Nous vivons l'hiver à l'écoute des informations relatives au niveau du lac de Tibériade !

Rien qu'au mois de janvier, il est remonté de quatre vingt sept centimètres ! Le lac de Tibériade est la réserve d'eau naturelle la plus importante d'Israël, et il est primordial que chaque hiver apporte sa quantité d'eau.

Ensuite, nous vivons, jusqu'au mois de mars, une succession d'épisodes pluvieux et d'épisodes ensoleillés.

Mais, cette année, nous avons eu droit à des pluies extrêmement violentes dans le Néguev, ayant entrainé mort d'hommes, écroulement de pont, routes coupées, etc..., des semaines entières d'averses pratiquement ininterrompue. La pluie dans le Néguev est extrêmement dangereuse, elle peut tomber a un endroit et sortir plusieurs kilomètres plus loin, entrainant tout sur son passage.
Les réserves naturelles d'eau du Néguev se sont totalement remplies dés la mi janvier ! Et pour cause, comme vous pourrez le constater sur les photos ci-dessous.

Jusqu'à soixante dix centimètres de neige sont tombés sur le sommet du mont Hermon, provoquant le déplacement de plus de dix mille israéliens le samedi suivant, pour profiter d'une journée à la neige. Certains n'ayant pu y aller ce jour là, soit pour cause de shabbat soit pour toute autre raison, n'ont pas hésité à s'absenter du bureau ou de l'école pour profiter aussi de la neige.
Pensez donc, une fois tous les trois ou quatre ans, de la neige à domicile !

Pendant la période hivernale, les gens sortent moins, les restaurants et les cafés sont vides, les passants accélèrent le pas dans la rue, les centres commerciaux et les marchés sont calmes.

Puis, soudain, c'est le printemps !

Il suffit de quelques jours ensoleillés pour que les terrasses de cafés se remplissent, que les gens se remettent a flâner dans les rues, que ré-apparaissent les robes à bretelles, que les enfants aillent à l'école légèrement vêtus...

Bref, la vie reprend ! De quoi se plaindre, trois mois de semi-hiver, neuf mois d'été !

Au revoir et à bientôt, LéHitraote !


Ces deux dernieres photos ont étés prises dans le désert de Judée le 14-02-2010