mercredi 25 mars 2009

La Musique

Samedi soir dernier nous avons assisté a notre douzième concert musical de la saison 2008-2009 de l'orchestre symphonique de Ra'anana, Symphonette Ra'anana.

En première partie, nous avons entendu le concerto numéro 4 en G Major, Opus 58 pour piano et orchestre de Beethoven, dirigé par Constantine ORBELIAN et interprété par Golda VAINBERG-TATZ au piano. Golda VAINBERG-TATZ est connue pour « son style puissant et sa touche limpide, une interprète fascinante, une artiste virtuose et profonde ». Elle est née en Lituanie, a parcouru le monde, obtenu de nombreux prix et enseigne maintenant aux États-Unis.

En seconde partie, nous avons eu un récital du Groupe AMBAR, accompagné du Symphonette Ra'anana, qui a interprété un festival de musique d'Amérique latine, Colombie, Vénézuela, Brésil et Cuba.

Le Groupe AMBAR comprend trois musiciens colombiens et un violoniste russe, chacun contribuant au groupe avec sa touche personnelle.

Ainsi, Sasha ROZHDESTVENSKIY, le violoniste, né a Moscou, est un virtuose exceptionnel et « l'un des plus talentueux violoniste de Russie » ! Et, cerise sur le gâteau, il joue avec un Stradivarius de 1715 !

Ce fut un concert délirant, une ovation debout pour Sasha, une grande partie des spectateurs étant acquise a la cause, puisque d'origine latino-américaine.
voilà les surprises de la musique en Israël !

Dés que nous avons fait connaissance avec nos amis belges, René, « ancien pianiste amateur confirmé », et musicologue averti, nous a fait connaître Symphonette Ra'anana, et nous a incité á nous abonner aux concerts.

C'est ainsi que, depuis quatre ans, nous avons assisté á plusieurs dizaines de concerts, tels que Viva Barcelona dirigé par Salvador BROTONS, chef d'orchestre catalan, avec Rali MARGALIT, violoncelliste israélienne, inventeur du « Chell-Hu », avec Jordi MOLINA grand spécialiste de l'instrument a vent catalan « le Tenora »; un récital de piano de Vag PAPIAN, le père, a la mémoire du sergent David PAPIAN, le fils, tué en activité militaire a Gaza, et au profit des oeuvres des soldats; une série de leçons de musique « Schubertiades » á l'occasion du deux centième anniversaire de la naissance de SCHUBERT, données par Gil SHOAT, chef d'orchestre emblématique du Symphonette Ra'anana; concert hommage a la mémoire des partisans juifs de Biélorussie et des frères BIELSKI, bien avant que le film « les insurgés » n'apparaissent sur les écrans de cinéma, et avec la participation d'un ancien partisan qui, après la guerre est resté sur place pour reconstituer une école de musique; une série de leçons de musique sur Beethoven ce qui m'a incité ensuite á acheter l'intégrale de ses sonates; l'inoubliable duo GURFINKLE, Alexander et Daniel, seize ans tous les deux, jumeaux de naissance et de clarinette, descendant de trois générations de clarinettistes, interprétant Tchaïkovsky et Gershwin, etc, etc, etc.....

Sans oublier que le Symphonette Ra'anana possède ses propres solistes tels que Nitai ZORI, premier violon de l'orchestre et dont le frère jumeau est aussi chef d'orchestre, Konstantin SOKOLOV, violoncelliste, etc.

Gil SHOAT et Nitai ZORI

Mais il n'y a pas que la musique classique á Ra'anana.

Mes deux plus grandes émotions musicales en Israël ont des origines différentes.
La première, évidement, a eu lieu lorsque j'ai assisté a mon premier concert á l'occasion de la fête de l'indépendance d'Israël, á l'amphithéâtre en plein air du parc de Ra'anana. Et là, je me suis dit : « Quoi, je suis assis ici, sous le ciel étoilé d'Israël, et j'entends et je vois des musiciens jouer des airs que je ne connaissais que par l'intermédiaire de disques ou de vidéos, en compagnie de cinq milles personnes vibrant toutes á l'unisson, wwooaahhhh ! »

Depuis, il y a eu d'autres concerts au parc, tous fabuleux !

Spectateurs á l'amphithéâtre du parc


La seconde, un peu plus tard, lorsque nous étions abonnés au country club, un concert karaoké de chansons du temps des pionniers avait été organisé un samedi soir. Pour moi, des chants de pionniers signifiait des chansons israéliennes anciennes qui allaient être reprises en choeur par toute l'assistance !

Et là, oh surprise, les chants de pionniers étaient des chants russes révolutionnaires et autres, traduits en hébreu, et interprétés par de sublimes voix russes ! Et oui, parce que les pionniers, ceux qui sont venus en 1882 et en 1904, lors des deux premières alyah, venaient pour la plus part de Russie ou résidait cinquante pour cent de la population juive mondiale de l'époque !

Et moi, qui dans ma jeunesse, avait toujours adoré la musique russe, possédait plusieurs disques ou cd de chansons russes interprétées par les choeurs de l'armée rouge ou autres groupes folkloriques, j'étais là, en Israël, encore une fois, sous le ciel étoilé, écoutant des chants que je connaissais, mais en hébreu, quelle merveille ! Jamais je n'aurai pu imaginer cela !

Bon, mais la musique en Israël, ce n'est pas que ça !

Il y a aussi le cabaret « kamelot » ou nous avons eu le plaisir de voir l'ensemble « swing de gitans », ensemble suédois rappelant le mythique groupe de Django Reinhardt et Stéphane Grapelli, qui a été rejoint en fin de spectacle par trois jeunes guitaristes israéliens et ensemble ils ont fait un boeuf du tonnerre ! Il y a eu aussi un groupe irlandais qui a réussi l'exploit de faire lever les spectateurs pour danser des gigues endiablées !

Il y a aussi la mairie d'Hertzlyah Pitouach qui organise chaque été des concerts gratuits en plein air, face á la mer ou nous avons pu voir, entre autre, Eyal SHILOACH, violoniste exceptionnel, et ses amis, nous interpréter un pot pourri de musique kleitzmer de façon magistrale !

Je n'oublie pas non plus les concerts de jazz du mois d'août organisés par la mairie de Césarée dans lesquels se produisent des ensembles de jazz américains renommés. Dans les ruines millénaires, des milliers d'amateurs de jazz communient et, après le spectacle, se répartissent dans différents lieux du site pour écouter de petits groupes locaux jusque tard dans la nuit.

Mon seul regret est de ne pas avoir encore pu assister á la fête de la musique kleitzmer de Tzfat (Safed) qui a lieu tous les ans fin juillet.

Mais je ne désespère pas !

Il y a aussi la musique dans la famille ! Laurence et Daphna jouent du piano et reçoivent des cours d'une professeur d'origine russe, Tania. Depuis deux ans maintenant, Laurence et Tania organisent le concert annuel de tous les élèves de Tania, dans la maison d'Aryeh et de Laurence. Cette année, le concert se déroulant pendant la fête de Pourim, pour corser la chose, tous les participants, soit une soixantaine de personnes, devaient venir costumées.


Daphna déguisée en gitane et Laurence déguisée en Pierrot


J'ai assisté il y a quelques jours á une conférence organisée par la Katédra Hammamit sur le thème : « Qu'est ce que la musique juive ? ». Le professeur André HAJDOU, médaille d'or d'Israël, professeur de musique á l'université de Bar Ilan, ethno-musicologue depuis quarante deux ans, nous a expliqué que le peuple juif ayant été dispersé pendant deux milles ans, les juifs, partout ou ils se sont installés, se sont imprégnés de la musique locale pour en devenir de merveilleux interprètes. Et donc, que l originalité de la musique juive moderne est de conserver toutes les origines.

C'est ainsi que vous pouvez voir et entendre en Israël des musiques du monde entier, interprétées par de fabuleux musiciens !

Quel plaisir !

Au revoir et á bientôt, LéHitraote !

Michel RAPOPORT

samedi 14 mars 2009

Anniversaire de naissance

Je voudrai vous parler aujourd'hui de la fête organisée dans le jardin d'enfants de Ori á l'occasion de son anniversaire de naissance, «Yom Oulédete» en hébreu !

Les jeunes enfants vont au jardin d'enfants, au Gan, dés deux ans, deux ans et demi.

Il s'agit, en principe, d'une structure privée, c'est á dire indépendante du Ministère de l'Éducation Nationale, qui peut être financée par la municipalité, plus les parents, ou que par les parents.

Les jardinières d'enfants (ganénettes) ont une formation spécifique, et sont aidées par des assistantes, en principe deux, en fonction du nombre d'enfants dans la classe, les assistantes sont chargées des taches matérielles.

Chaque enfant devient , un jour par an, le Roi ou la Reine de la classe, pour peu que son anniversaire tombe pendant la période scolaire. Si l'anniversaire de deux enfants tombent le même jour, la ganénette fera en sorte pour déplacer les fêtes !

Lorsque ce jour arrive, les parents de l'enfant sont conviés á participer á la fête. Les grands-parents aussi !

C'est comme cela que nous nous sommes retrouvés, un jour, vers dix heure, au Gan de Ori, notre troisième petite fille et, en même temps, notre cinquième petit enfant, pour fêter son troisième anniversaire. Vous suivez ?

A noter que le shabbat précédent, ses parents avaient organisé une petite fête familiale pour la même occasion, c'est dire si Ori était conditionnée et préparée a cet évènement !

Ori est donc devenue, pendant une heure environ, le centre de la classe. Elle était assise entre ses parents, face á tous les enfants assis en demi-cercle. Et Rinate, la ganénette a déroulé un petit programme de festivités comprenant des chants spécifiques, des rondes et des chansons apprises en classe.


Un moment important et émouvant a été le comptage des années.


A cet effet, on a disposé sur le sol, devant Ori et verticalement, trois cerceaux. Ori a sauté a pieds joints dans le premier cerceau, puis dans le second et enfin dans le troisième, pendant que les autres enfants avec le personnel et les parents comptaient un, et deux, et trois et quatre !

Ensuite, cela a été les embrassades puis quelques jeux de groupe et, le calme revenu, Laurence et Aryeh ont soulevé quatre fois la chaise sur laquelle était assise Ori.

Pourquoi quatre alors que Ori fêtait ses trois ans ? Parce qu'il faut penser á l'année prochaine !



Après, chaque enfant voulant souhaiter un bon anniversaire á l'héroïne du jour a été appelé pour la serrer fortement dans ses bras, car en Israël on ne s'embrasse pas !


Vient alors l'allumage des bougies. Bien évidement, les parents sont venus avec quelques friandises et surtout, le gâteau d'anniversaire. Le nombre de bougies correspondant a l'age sont positionnées sur le gâteau, plus une supplémentaire, pour l'année á venir !



Et Ori a soufflé les bougies !

Ensuite, les enfants se sont assis autour de leur table et ont, gentiment, dégusté le gâteau d'anniversaire et les friandises.


Puis, les parents ont été priés de s'éclipser car le déroulement de la journée habituelle devait reprendre. Ici, les enfants vont á l'école ou au gan de 8 heures, 8 heures 30 á 14 heures, 14 heures 30, et ils prennent leur repas de midi pendant les heures de cours.

Outre le fait que pendant ce court instant l'enfant se considère comme le héros de la classe, avec tous les aspects positifs que cela comporte, mais en plus, la ganénette essaye d'enseigner aux enfants le respect de l'autre et elle leur apprend á exprimer leur affection s'il le désire.


Un enseignement que l'on aimerait voir ailleurs !


Au revoir et á bientôt, LéHitraote !


Michel



Fevrier 2009

vendredi 13 mars 2009

Excursions

Ein Hod

S'il y a un domaine d'activité qui se porte bien en Israël, c'est celui des excursions (tiyoulim en hébreu, du verbe LeTayel : se promener).

Tout est fait pour permettre chacun de faire connaissance avec la géographie du pays, avec l'histoire ancienne et moderne du pays, avec les coutumes du pays.

Israël est le pays au monde dans lequel il y a le plus fort taux de musée par tête d'habitants ! Il faut le savoir !


Si un jour vous voulez vous inscrire á un tiyoul. Vous n'avez que l'embarras du choix. Tout va dépendre de votre environnement.


Car en effet, les écoles primaires, les collèges, les lycées, l'armée, les universités, les mairies, les entreprises, les centres d'intégration, les particuliers, ceux qui organisent une bar ou une bat mitzvah (majorité religieuse), ceux qui vont marier leurs enfants, ceux qui ont un anniversaire a fêter, ceux qui n'ont rien a faire et ceux qui veulent faire quelque chose, ceux qui reçoivent de la famille de l'étranger, les organisateurs de congrès, les organisateurs de foires, les hôtels, ceux qui ont quelque chose a vendre et ceux qui voudraient acheter quelque chose, bref tout le monde peut, un jour, organiser un tiyoul !


Le jour, sortie du musée de Yad Vashem


Il y a les tiyoulim destinés aux touristes, et ceux destinés aux israéliens. On n'y voit pas les mêmes choses. Ceux d'une journée (la majorité), et ceux de plusieurs jours.


Une excursion peut ne comprendre qu'une quinzaine de personnes, un groupe familiale par exemple, ou bien comprendre quarante ou cinquante personnes, soit un autobus complet, voir plusieurs autobus.

Il y a les tiyoulim ou l'on marche beaucoup, genre randonnée pédestre, et ceux ou l'on marche peu, genre ceux destinés aux mouvements américains de soutien a Israël; il y a ceux repas compris, et ceux ou il faut emporter son repas.


Et c'est pour cela que la population des guides en Israël est immense. Il y a des guides qui se contentent de guider, d'autres qui font des conférences universitaires pendant l'excursion, d'autres qui organisent complètement l'opération, d'autres encore qui vous accompagnent, d'autres qui vous transportent, etc... Selon la destination, Israël ou les territoires disputés, un garde armé et un véhicule blindé peuvent être exigés.. Les guides savent quand cela est nécessaire.


Tous les guides doivent avoir une autorisation du Ministère du Tourisme Israélien pour exercer leur métier et porter, bien en évidence, leur carte professionnelle pendant toute la durée du tiyoul.



HaKotel HaKatan, Jérusalem

Ein Hod

Se pose ensuite le problème de la langue, car si tous les guides doivent impérativement parler hébreu, certains peuvent guider en plusieurs langues ! Bien évidemment, l'anglais est majoritaire, mais l'on trouve aussi de bons guides francophones. La plus part des guides israéliens parlent au moins trois langues, cela va dépendre de leur pays d'origine. J'en ai même rencontré certains parlant couramment l'arabe, et des guides arabes, oui il y en a, parlant couramment l'anglais.

Donc, un matin, vous arrivez au point de rendez vous, vers 7 h du matin et la première des choses a faire est de ne pas se tromper de bus. En effet, les points de rencontres sont bien répertoriés et communs a tous les tiyoulim, il y a toujours une facilité de stationnement pour le bus et un parking a proximité pour les usagers et souvent des gens qui attendent des destinations différents.


Une fois dans le bus, si vous ne papotez pas avec des ami(e)s, vous pouvez alors voir Israël différemment, c'est á dire autrement que d'une voiture coincée dans les embouteillages. Et alors vous apprécierez la maestria du chauffeur qui, non seulement se joue de toutes les difficultés routières, mais de plus se débrouille pour doubler tous les véhicules et être toujours devant.

Habituellement, assis dans votre voiture, vous les auriez traités de fous, mais là, vous êtes bien content de ne pas être coincés dans les bouchons (pkakim en ivrit)!

Et, soudain, le paysage qui s'offre a vous est surprenant ! Que vous alliez vers le nord, vers le sud, vers l'est ou vers l'ouest, dés que vous avez quitté les grands centres et leurs embouteillages, c'est un défilement d'images inédites ! Vous commencez alors á apprécier la diversité d'Israël. En effet, sur un si petit territoire vous pouvez voyager dans des déserts de sables brûlants, ou de roches aux formes multiples et multicolores ou dans des forêts de conifères qui n'ont rien á envier á la Suisse, ou encore au milieu de champs de verdure ou de serres gigantesques, et cela sous un ciel d'une luminosité exceptionnelle !

Oui, car les tiyoulim ont lieu, en principe, de février a novembre.

A la recherche de la reine des montagnes, du côté de Rishpon



Soudain, l'autobus s'engage dans une station á essence pour l'opération shiroutim (toilettes : halte pipi) parce que les deux premières choses qui sont enseignées aux élèves guides, sont : premièrement, localiser toutes les toilettes publiques sur chaque circuit, deuxièmement, prévoir une halte pipi toutes les heures et demie !


Et là, alors que vous croyiez être les seuls á voyager, vous découvrez que sur le parking sur lequel s'engage l'autobus, il y a déjà 50 autobus garés attendant leurs passagers, un centre commercial classique, des excursionnistes courant dans tous les sens, qui pour aller aux toilettes, qui pour acheter une glace, qui pour acheter un sandwich, qui pour boire un café ou toute autre boisson !

Puis tout ce petit monde remonte dans son autobus, bien sur toujours plus tard que prévu, et le voyage reprend, permettant a chacun d'ingérer son acquisition. On a même vu, une fois, une dame déguster un plat de pâtes asiatiques ! Je ne vous dis pas l'odeur qui régnait dans le bus pendant le voyage ! Car en Israël, manger á toute heure du jour ou de la nuit est un droit !


Tzipori, la Mona Lisa de la Galilée


La région de Houla, les oiseaux


Je ne vous raconterai pas les détails d'une excursion en particulier car une lettre ne suffirait pas, mais depuis quatre ans, nous en avons fait déjà pas mal : Yad Vashem bien sur, le Carmel et le Prophète Élie, les mines du roi Salomon, le musée de la Tour de David, Césarée, Kfar Rupin pour voir les oiseaux migrateurs, Tzipori la Mona Lisa de la Galilée, Ein Hod le village d'artistes avec son Musée DADA, Bet She'arim la nécropole millénaire, la route de l'huile, Mitzpe Ramon, Avdat, Jérusalem plusieurs fois, son parc archéologique Davidson et le quartier autrichien, les caves vinicole de Tishbi, le parc national de Massada, le kibboutz Ein Gedi classé Jardin Botanique National, Neve Tsedek premier quartier hors les murs de Jaffa, Neot Kedumin jardin biblique, Tel Aviv la Blanche classée au patrimoine de l'UNESCO, le Musée du Palmach, Metula la suisse de la Galilée, le Centre Hertzl....

Arrivé a destination, des groupes se constituent, autour du guide, á la périphérie du guide, loin du guide. Bien sur, les boissons et les sandwiches sont sortis, ainsi que les appareils photos ! Et la, il y a les amateurs photos, en général équipés d'appareils reflex, de pieds et de télé objectifs qui sont assez discrets, et les photographes amateurs équipés de téléphones portables, de mini appareils dont la taille peut atteindre une carte de crédit, et qui photographient á tout va, y compris de somptueux paysages !


Même au cours de tiyoulim en hébreu au cours desquels ma capacité de compréhension était limité, j'ai quand même appris des choses intéressantes. Il y a aussi la possibilité de suivre avec un livre touristique en français.


Puis vient la pause déjeuner ! Car tous les en cas précédents n'étaient que des en cas ! La pause se fait soit dans la nature, soit dans un petit restaurant, souvent arabe car moins cher, et même lorsqu'il est précisé qu'il faut emporter son repas, il y a toujours le moyen de trouver un endroit ou acheter de quoi manger.

Il est arrivé parfois que des excursionnistes prévoient le café chaud pour le groupe, et même une fois, une dame avait fabriqué spécialement du «limoncello», liqueur sucrée á base de citron, sous le prétexte qu'elle était d'origine italienne, née en Tunisie !


Il est vrai qu'après le repas de midi, pris en général vers 14 h, la force des excursionnistes diminue et leur désir de retour commence a se faire sentir. Mais certains tiyoulim se terminent tardivement en raison soit de l'éloignement, soit pour des raisons techniques. Par exemple, les oiseaux migrateurs ne sont visibles qu'au coucher du soleil, quand ils cherchent leur gîte et leur nourriture pour la nuit.

Sur le chemin du retour, certains évacuent la fatigue de la journée en faisant un petit somme, parfois les bus sont équipés d'écran de télévision sur lesquels sont diffusés des films ou des informations, d'autres continuent de discuter car elle n'ont pas eu assez de temps dans la journée, et beaucoup téléphonent á leur famille pour leur raconter leur excursion, faire le point et préparer le lendemain.

Puis tout ce petit monde se sépare rapidement en se donnant rendez vous pour la prochaine fois ou en se promettant de se téléphoner, et le tiyoul est terminé !


Il n y a pas un seul tiyoul qui nous ait laissé indifférent ! Que ce soit le paysage, ou bien l'histoire du lieu, ou encore l'histoire des gens du lieu, tout est intéressant.

Un exemple précis : Ein Hod ! Petit village d'artistes que nous avons visité maintes et maintes fois. Nous le connaissons bien, et avons du plaisir a y emmener des amis pour le leur montrer. La dernière fois, une participante a insisté pour visiter un musée, dans lequel nous n'étions jamais entré car ses horaires n'avaient jamais coïncidé avec les nôtres. Et là, quelle ne fut pas notre surprise de découvrir le «JANCO Dada Muséum», construit á la mémoire de Marcel JANCO, (24 mai 1895-21 avril 1984), précurseur du mouvement DADA et du mouvement surréaliste français, qui, en 1953, a décidé de reconstruire Ein Hod sur les ruines abandonnées d'un village arabe! Et á l'intérieur, toute une série de documents, en français, des dessins de PICASSO et de DALI, des photographies de leur époque, ainsi que des textes de nombreux artistes membres du mouvement Dada.

Voilà l'intérêt des tiyoulim en Israël !



La route de l'huile


La mer, vue de Ein Hod

Au revoir et á bientôt, LéHitraote !

Michel


Janvier 2009























jeudi 12 mars 2009

Un peu d histoire !

L'histoire de Ra'anana commence a New York, en 1912, avec la création de la Compagnie pour l'installation de Juifs en Israël, «Ahuza Alef – New York». Ce petit groupe d'hommes et de femmes intrépides réalise leur vision en achetant des terres en Palestine,dans le but d'immigrer vers le Pays d'Israël et de construire une implantation agricole.

La Première Guerre Mondiale retarde leurs plans et ce n'est qu'en 1922 seulement qu'ils ont la possibilité de réaliser leur rêve. Le 2 avril 1922, deux chariots quittent le coin des rues Lilienblum et Hertzl a Tel Aviv, transportant 4 membres «Ahuza», 3 ouvriers et 2 gardes armés. Au bout d'un voyage de 5 heures (pour faire 14 km), ils déchargent leurs bagages et décident que Ra'anana était l'endroit ou ils voulaient établir leur implantation.


Vue de Ra'anana en 1922

Dans les premiers temps, les arabes de la région appelèrent l'implantation «la petite Amérique», puis «Raanania» et finalement les fondateurs de l'implantation choisirent «Ra'anana» (la fraîche, en raison de l'existence d'une source d'eau souterraine).


Ce n'est qu'en 1980 que Ra'anana devint une cité. De sa création á cette date, Ra'anana était réputée pour la culture des agrumes. Lors de la guerre d'indépendance, sa population n'était que de 3 000 résidents. Actuellement sa population est de 80 000 habitants et le maire nouvellement ré-élu souhaite la conduire jusqu'à 100 000 habitants.


Ra'anana est une ville prospère au coeur de la région du Sharon,c'est une ville verte, avec des zones d'activité dans la high tech, il y a plus de 100 jardins publiques, avec surtout le Parc de Ra'anana d'une superficie de 250 dounams, qui est une attraction pour les résidents et les habitants des alentours.


Image classique de Ra'anana d'aujourd'hui

Sculpture de l'artiste GERSTEIN, dans le parc

Le Parc comprend un mini zoo qui fait la joie des enfants, des jeux pour tous les ages, une aire de picnic, une aire de jeux spécialement conçue pour éviter que les enfants se blessent, un labyrinthe pour les petits, un lac artificiel qui abrite des cygnes blancs et noirs, un jardin botanique comprenant les principales plantes d'Israël, une galerie artistique et une salle de spectacle a ciel ouvert dans laquelle se produisent les plus grands artistes nationaux et internationaux. C'est pour ces raisons que Ra'anana est aussi nommée : La Perle du sharon !Alors que la majorité des habitants de Ra'anana est née en Israël, une grande partie de sa population est originaire de pays parlant anglais, espagnol et français.


Il y a aussi a Ra'anana des installations scolaires, éducatives, sportives, musicales, théâtrales, culturelles et autres....


La salle de spectacle en plein air

Galerie du Parc
Et nous, dans cette histoire ?

En ce qui nous concerne, beaucoup de possibilités nous sont offertes : apprentissage de l'hébreu pour savoir parler, actuellement nous sommes au niveau guimmel, cours de Taïchi Chi Cong pour nous tenir en forme, concerts symphoniques dans la Maison de la Musique avec l'orchestre Symphonette Ra'anana réputé tant au niveau national qu'a l'extérieur du pays et qui nous propose une vingtaine de concerts par an, excursions á travers le pays, des fois en français, des fois en hébreu, spectacles musicaux au parc, films français sous titrés hébreu, aussi bien a Ra'anana qu'a tel Aviv, etc... Je reviendrai plus en détail sur toutes ces activités ultérieurement.

Bien entendu, il y a aussi les petits enfants que nous voyons régulièrement et qui habitent a 4 km de chez nous, c'est a dire un quart d'heure dans le meilleur des cas, une demie heure dans le pire des cas. La aussi je reviendrai sur ce sujet pour vous détailler l'organisation quotidienne des enfants.


Et enfin, «last but not the least» - oui, nous parlons aussi anglais, car dés qu'un citoyen de Ra'anana (Toshaveye Ra'anana) constate que nous ne parlons pas bien hébreu, il s'adresse a nous immédiatement en anglais ! Et nous faisons aussi des progrès en anglais ! - il y a les amis!


Car en effet, nous avons fait la connaissance de francophones au cours de nos différents oulpanim (cours d'hébreu) dont certains sont arrivés en Israël en même temps que nous et d'autres ultérieurement, puis il y a eu aussi les amis des amis.


Il y a des gens de Paris (les plus nombreux), de Belgique, de Montpellier, de Bayonne, de Besançon, de Suisse, de Toulouse, certains ont fait leur Alyah, d'autres font le va et vient entre la France et Israël.


Cela représente un groupe de seize a vingt personnes avec lesquelles nous organisons des excursions, des séjours dans des lieux agréables, des repas dans de bons restaurants ou a la maison, des sorties au cinéma ou pour des spectacles, des échanges d'informations, etc... Tous sont comme nous, retraités (pensionnaires comme on dit ici), et ont des enfants et des petits enfants en Israël.

Comme vous pouvez le constater, je profite de l'occasion pour vous envoyer des photos. Car, avec l'avènement du numérique, ma production est passée de 400 a 500 photos par an, a plus de 5 000 par an ! Il y a tellement de choses a photographier ici ! J'ai donc un grand stock a vous faire profiter !


De son coté, Marie-Claude est devenue une grande artiste peintre, elle suit des cours dans une école de peinture privée de Ra'anana et l'une de ses oeuvres a même été sélectionnée pour être exposée dans le cadre du soixantième anniversaire de la création de l'Etat d'Israël !


Vernissage, a la galerie du parc

Au revoir et á bientôt, LéHitraote

Michel RAPOPORT



P.S. L'histoire de Ra'anana est empruntée au site municipal http://www.raanana.mun.il/





Ra'anana - Decembre 2088

mercredi 11 mars 2009

Elections municipales

Je vais bientôt fêter le quatrième anniversaire de notre arrivée en Israël et je ressens le besoin de vous faire participer a notre vie, vue par le petit bout de la lorgnette.


Depuis trois ans je vous abreuve suffisamment d'e.mails humoristiques et politiques mais je ne vous parle jamais de notre vie quotidienne, de nos problèmes, de nos joies, de nos plaisirs.


Je ne vous ai jamais parlé de nos ballades et de nos visites de sites exceptionnels, de nos soirées musicales avec l'orchestre symphonique de Ra'anana, de nos tournées dans des restaurants de rêve, le soir, au bord de l'eau sous les étoiles, même en novembre, des concerts gratuits offerts par la mairie á l'occasion de manifestations nationales, de l'ambiance de la ville la veille des grandes fêtes religieuses, et, comme en ce moment, des élections.


J'ai donc décidé d'essayer de pondre une lettre d'informations de temps en temps, peut être dix maximum par an, si j'y arrive et si vous le voulez bien. Le but étant de vous raconter, á chaque fois, deux ou trois évènements qui m'ont paru intéressants de vous faire connaître, ou bien de vous parler de points particuliers qui différent totalement des habitudes françaises.

Car il y en a marre de ne parler d'Israël qu'au sujet de terrorisme, de corruption d'élus et autres sujets dont les médias français raffolent pour dire du mal d'Israël.


Il y a en Israël plus de sept millions d'individus qui vivent, qui travaillent, qui vont á l'école, á l'université, font verdir les déserts, construisent des routes, des immeubles des musées, inventent, bref un pays normal et dont les habitants sont appelés á voter démocratiquement.


Par exemple, parlons des élections municipales qui se tiennent en ce moment dans tout le pays.


4,7 millions d'électeurs sont appelés á se rendre aux urnes, pour choisir, parmi 660 candidats pour 159 communes. Une commune peut être une ville, ou un conseil local, ou un conseil régional, regroupant plusieurs petites localités.


En Israël, on vote pour le maire et pour le conseil municipal. Dans l'urne, on doit mettre deux enveloppes, une jaune contenant un bulletin jaune pour élire le maire, et une blanche contenant un bulletin blanc, pour élire les membres du conseil municipal. Le maire est élu au scrutin majoritaire uninominal a deux tours, si nécessaire, quand aux conseillers municipaux, ils sont composés de listes rattachées ou non á un parti national ou indépendantes et sont élus au scrutin proportionnel intégral.

Il y a 63 grandes mairies en Israël, 54 juives et 9 druzes.


Ce qu'il y a de curieux dans ces élections, c'est que la campagne est autorisée pendant la journée de vote, jusque devant les écoles ou sont installés les bureaux de vote. On peut même y voir des candidats serrer des mains ou des supporters défiler en convoi automobile, klaxonnant pour attirer l'attention.


Par contre, dés que l'on a franchi la porte de l'école, c'est le calme absolu. Une personne mandatée par les candidats, ornée d'un brassard, est chargée du maintient de l'ordre dans l'enceinte de l'école.


Un(e) bénévole accueille les électeurs pour les diriger vers leur bureau de vote. Il ne faut pas oublier que beaucoup d'électeurs, immigrant de plus ou moins fraîche date, ne lisent pas bien l'hébreu ou ne sont pas au fait des pratiques électorales israéliennes.


Personne ne peut se tenir dans le bureau de vote pendant qu'un électeur vote. L'électeur doit présenter sa carte d'électeur ainsi que sa carte d'identité,. Après vérification par le Président du bureau de vote et de ses deux assesseurs, sur la liste électorale, on remet á l'électeur les deux enveloppes citées plus haut.


Et là, oh surprise, les enveloppes, spécifiques á chaque élection, sont déjà paraphées par le Président du bureau et par ses assesseurs !


Le coup des bulletins de vote dans les chaussettes est rendu impossible.


Puis, l'électeur se rend dans l'isoloir ou il y trouve les bulletins de vote jaunes et blancs. Il fait son choix a l'abri des regards, n'est pas obligé de prendre tous les bulletins pour ensuite jeter ceux qui ne l'ont pas intéressés, il met les bulletins dans les enveloppes et les scelle. Enfin, il dépose ses enveloppes dans l'urne et sort de la pièce. A ce moment seulement, un nouvel électeur peut entrer dans la pièce.


Le maire sortant de Ra'anana, Nahum HOFFRI, a basé sa campagne sur la qualité de la vie dans la ville. En effet, a la veille des élections, plusieurs journaux ont mesuré la satisfactions des habitants des grandes villes, et il en ressort que : «D'après une étude des journaux The Marker et Ha Ir, la ville de Ra'anana est la ville la plus agréable à vivre d'Israël, suivie d'Herzliya, Kfar Saba, Tel-Aviv et Ramat Gan. (Guysen International News)».


Bien sur, ses concurrents lui reprochent plein de choses et on fait circuler de fausses rumeurs, comme partout. Le parti politique MERETZ (extrême gauche) a fait une campagne horrible contre les religieux. Des francophones religieux ont constitué une liste uniquement francophone dans l'espoir d'installer un français au conseil municipal, etc... et j'en passe.


Vendredi dernier matin, il fallait voir tous les partis battant campagne, les uns á coté des autres, rue Ahuza, la rue principale de Ra'anana, distribuant des tracts, des fleurs, des poignées de mains et des t-shirts.


Il y avait une ambiance festive très sympathique, sous le soleil, 25 degrés a l'ombre, assis á la terrasse du café « le croissant » !


Pour le maire sortant et sa liste.

La liste des verts


La liste Likoud


Avec Jacques, supporter de la liste francophone


Nous devrions avoir les résultats demain matin, car ici, les horaires de vote sont très souples, certains bureaux ne fermant qu'à 22 heures.


Voilà, c'est la fin de ma première lettre d'informations, J'espère qu'elle vous aura intéressée.


J'attends vos commentaires, pour mieux préparer la suivante.


Au revoir et á bientôt, LéHitraote comme on dit en Israël !


Michel RAPOPORT






P.S. Aux dernières nouvelles, le maire sortant serait réélu avec 71.4 % des voix,beau score !


Ra'anana - Novembre 2008