Pour exercer mon activité, en France, j'utilisai quotidiennement ma voiture, cinq à six jours par semaine, au minimum une heure le matin et une heure le soir, comme la majorité des israéliens qui utilisent leur voiture pour aller travailler.
Pendant cette heure, il m'était possible, en fonction du type de route empruntée et de la destination, de parcourir 60 km à 110 km, alors que le citadin israélien fera entre 14 km à 30 km pendant le même temps.
J'ai toujours été attentif et prudent, et je n'était pas le seul à adopter ce comportement.
Je pense avoir été un bon conducteur, je n'ai eu qu'un seul accident sur la route entre 1972 et 2003, et encore, suite à une route glissante à la sortie d'un petit village du Tarn.
Je suis venu en Israël comme touriste, pendant 25 ans et, à chaque fois, j'ai loué une voiture et fait beaucoup de kilomètres. Je ne comprenais pas la conduite israélienne et ses codes.
Puis, j'ai fait mon alyah, passé le permis de conduire israélien et acheté une voiture.
Depuis, je circule en voiture tous les jours, pour faire nos achats, pour nous rendre à nos activités, pour aller voir les petites filles, pour rencontrer des amis, pour aller au restaurant, pour visiter le pays, soit environ 10 000 km par an, plus que mes dernières années d'activité en France.
Maintenant, je peux dire que conduire en Israël n'est pas une chose facile.
Pourtant, le gouvernement israélien fait des efforts considérables sur le plan des infrastructures, le pays est en perpétuelle amélioration de son réseau routier, il n'y a pas une région qui n'a pas ses grands travaux routiers, et certains sont colossaux pour un si petit pays.
Et manifestement il existe une stratégie nationale en matière d'infrastructure routière.
Le réseau routier est facilement compréhensible, une fois que l'on vous la expliqué. Il existe trois sortes de routes en Israël (hormis les routes citadines) : les routes inter-cités, les routes de type highway, limitées à 90km par heure, et la route numéro 6, limitée à 110 km par heure. Le système est conçu en râteau. Une route va d'un point à un autre, et le long de cette route des routes secondaires partent à droite et à gauche pour desservir des villes, des villages, des kibboutzim, des moshavim.
Toutes les routes qui portent des numéro pairs, vont du Nord au Sud, ou inversement, toutes les routes qui portent des numéros impairs vont d' Est en Ouest, ou inversement. C'est simple !
La route numéro 6, la transnationale, traversera un jour tout le pays, du nord au sud. Limitée à 110 km à l'heure, elle parcourt actuellement 138 km sans un seul feu et sans poste de péage. Elle devrait bientôt arriver à Bersheeva et ensuite, peut être, rejoindre Eilat. Des radars suspendus aux entrées et aux sorties, capturent le numéro minéralogique de la voiture, et, mensuellement, son propriétaire reçoit, à son domicile, un relevé de tous ses passages. Il peut payer à la poste, par sa banque, par internet, ou bien avoir un accord de prélèvement automatique, s'il l'utilise souvent. De ce fait, il n'y a aucun bouchon aux entrées et aux sorties. Intéressant non ?
La signalisation routière perturbe aussi la circulation pour les non initiés, bien qu'elle soit rédigée en trois langues : hébreu, arabe, anglais.
On a l'impression qu'il n'y a pas de règles bien précises en la matière.
Parfois les panneaux de signalisation sont mal placés, c'est à dire pas assez en avant du lieu qu'ils sont censés indiquer, ce qui fait qu'une fois le panneau lu, vous avez dépassé l'endroit.
Parfois, il sont placés à gauche pour indiquer que vous devez tourner à gauche, mais comme vous ne pouvez pas rouler tout le temps à gauche, je vous laisse imaginer le problème...
Il semble aussi qu'il n'y ait pas de normes en ce qui concerne la traduction en anglais. Certaines traductions sont en contradiction avec les règles phonétiques apprises à l'Oulpan.
Une grande source de confusions aussi tient, je pense, à la volonté des autorités de bien faire. En effet, surtout dans les régions de Jérusalem, de Béersheva, et aussi en Galilée, il y a profusion de panneaux indiquant les mêmes directions.
Ainsi, à un moment donné, en venant de Tibériade et en vous dirigeant vers Tel Aviv, en tournant à gauche pour emprunter la route numéro quatre par exemple, vous trouver immédiatement des panneaux vous indiquant la direction de Tel Aviv. Par la route numéro deux. Mais comme cela n'est pas précisé, vous pensez qu'il vous faut tourner à droite, et vous vous retrouvez sur la deux sans le vouloir ! Il faut le savoir.
Par contre, au sein de nombreuses villes, une signalisation exceptionnelle qui facilite la vie à tout le monde, c'est la numérotation des carrefours sur les grands axes. Un panneau jaune portant un numéro est suspendu en l'air à chaque carrefour comportant des feux de croisements, et lorsque l'on vous indique une direction, on vous précise : sur Weizmann, au carrefour numéro 14, tourner à droite... Ce qui vous évite d'essayer de lire les noms des rues et de vous faire engueuler par les automobilistes parce que vous roulez trop lentement !
Mais, il n'y a pas que le réseau routier qui fait la qualité de la circulation, il y a, surtout, les automobilistes !
C'est la qu'est le problème !
On ne peut pas dire que le conducteur israélien soit méchant, ou agressif, mais dans un pays constitué de gens venus du monde entier ou nés sur place, avec des cultures aussi diverses et des éducations aux antipodes les unes des autres, circuler en Israël n'est pas une chose aisée.
Une grande majorité des automobilistes et même motocyclistes et scootéristes, pensent qu'ils sont seuls au monde sur la route.
Ces conducteurs oublient qu'il y a autour d'eux d'autres automobilistes, et même des piétons.
Et leur façon de conduire influence la circulation et le comportement de tous les conducteurs, elle ralenti la circulation et génère de mauvais comportements puisqu'il faut tenir compte de cette mauvaise façon de conduire.
Aussi, si vous voulez conduire à l'israélienne, voici comment vous devez vous comporter :
- n'utilisez jamais votre clignotant pour indiquer votre intention de tourner à droite ou à gauche, certains disent que personne n'a besoin de savoir ou vous allez !
- changez souvent de file, sans prévenir; «si tu n'apprends pas a te faufiler dans la circulation, tu restes bloqué dans les bouchons» est le dicton de l'automobiliste,
- Ne mettez pas votre clignotant pour indiquer votre intention, mais au moment de tourner,
- accélérez pour doubler le véhicule à votre droite, puis faites lui une queue de poisson pour tourner à droite, la même chose est possible à gauche,
- quand vous avez envie de changer de file, c'est : «pousse toi de la que je m'y mette !»
- accélérez pour passer au feu orange, mais ne soyez pas pressé quand le feu devient vert,
- ne restez pas longtemps arrêté à un stop et faites tout ce que vous pouvez pour vous insérer dans la circulation,
- conduisez a vive allure et, arrivé au stop, freinez brusquement, ainsi vous obligerez les automobilistes ayant la priorité à freiner croyant que vous n'allez pas vous arrêter,
- pour garer votre voiture, mettez vous à cheval sur deux places de parking, ou bien en épi sur des places en créneau, ou alors en créneau sur les places en épi; éventuellement, parquez vous sur le trottoir ou au milieu des rond points quand il n'y a pas d'autre place,
- arrêtez vous dans les espaces réservés aux autobus,
- arrêtez vous en stationnement interdit pendant que madame ou votre enfant va acheter une glace ou un paquet de cigarettes,
- conduisez d'une main, le téléphone portable en position "loudspeaker" dans l'autre, face à vous,
- doublez les véhicules à l'arrêt, mal garés, sans vous soucier de savoir si vous n'allez pas bloquer la circulation de ceux qui viennent en face et qui ont la priorité,
- vous pouvez opérer un demi-tour dans la voie a double sens, au mépris des autres automobilistes,
- si nécessaire même sortez en marche arrière de parking donnant sur une voie a grande circulation, et ne tenez pas compte du panneau stop,
- klaxonnez à toute occasion, des que le flot des véhicules s'immobilise, si un piéton vous gêne, si les véhicules ne démarrent pas assez vite au feu vert,
- allumez vos antibrouillard la nuit, même s'il n'y a pas de brouillard,
- quand vous voyez un piéton s'engager sur un passage protégé sans feux, changez de file pour ne pas avoir à vous arrêter,
- si en plus, vous êtes chauffeur de taxi, c'est pire, roulez au pas ou garez vous en double file, dans l'attente du client, entravez la circulation, sans vous soucier des autres automobilistes,
- et, enfin, si vous êtes conducteur d'engins sans permis, conduisez au mépris de toutes les règles de sécurité.
Bref, le conducteur israélien majoritaire ne pense pas qu'il y a d'autres automobilistes qui sont avec lui sur la route.
Il n'y a que lui qui compte. Il s'étonne que l'on puisse lui reprocher quelque chose.
Au cours des leçons prises pour passer le permis israélien, mon instructeur de l'auto-école ne cessait de me dire "quand vous arrivez à un rond point, observez les voitures qui s'y engagent et engagez vous selon la direction que vont prendre les voitures engagées". Comme presque toutes les voitures « oublient » d'indiquer leur direction, il faut qu'il n'y ait plus de voiture dans le rond point pour pouvoir s'engager.
Le non respect du code de la route et de l'autre automobiliste, est la cause de nombreux accidents. La France, l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, ont une même culture automobile, le respect forcé du code de la route et de l'autre automobiliste.
Certes, dans ces pays il y toujours des accidents de la circulation, mais souvent dus à des conditions météorologiques, au non respect volontaire du code de la route, au mauvais état des infrastructures, à l'alcoolisme, à la conduite sous l'emprise de la drogue, au non respect des durées de conduite et, surtout, aux fortes migrations saisonnières et aux excès de vitesse.
Alors qu'en Israël, les distances ne sont pas assez longues pour engendrer une fatigue au volant, les routes sont suffisamment encombrées pour empêcher de rouler à des vitesses excessives, l'israélien ne boit pas (bien que sur ce sujet aussi il semble que les jeunes israéliens sont en train de rattraper les pays occidentaux) et il fait beau dix mois sur douze.
Ce qui manque à l'automobiliste israélien c'est "la peur du gendarme" ! De savoir qu'il est observé et qu'il peut être verbalisé à tout moment, même pour avoir arrêté sa voiture juste pour acheter un paquet de cigarettes, ou pour ne pas avoir bouclé sa ceinture de sécurité, ou pour conduire en tenant son mobile à l'oreille, et on comprend que la police n'a pas beaucoup de temps libre pour cela.
Pensez que les policiers municipaux, chargés de contrôler les stationnements, utilisent leur téléphone portable pour photographier les voitures en infraction, et ce pour éviter toute contestation !
Malheureusement, chaque semaine apporte ses statistiques macabres sur les accidents de la route de la semaine écoulée. Cela devient un fléau national et tous les ministres des transports successifs tentent de trouver de nouvelles solutions pour les endiguer.
Je n'ai pu me procurer les statistiques par région, je ne sais même pas si elles existent, mais il y aurait des régions en Israël ou il y aurait plus d'accidents qu'ailleurs.
Aussi, soyez prudents et étudiez bien votre parcourt avant de partir !
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