dimanche 13 décembre 2009

Haïm Nahman BIALIK

Haïm Nahman BIALIK, (prononcez le H comme la Jota espagnole) le plus grand poète hébreu des temps modernes, naquit le 9 janvier 1873 dans le village de Radi, dans la province de Vohlynie en Russie, et mourut le 4 juillet 1934 à Vienne.

Il était fils de parents pauvres, et avait connu dans son enfance la misère et les privations. Après avoir fréquenté le héder (l'école religieuse pour enfants), BIALIK entra dans la célèbre yeshiva de Volozhin. C'est là qu'il fonda avec ses camarades une association sioniste, Netza'h Israël (Éternité d'Israël). L'association était secrète, car les autorités religieuses de l'époque considéraient le sionisme d'un mauvais œil. En 1891, BIALIK s'établit à Odessa et y publia son premier poème, A l'oiseau, qui provoqua une émotion considérable dans les milieux hébraïsants. BIALIK travailla quelques années chez son beau-père qui avait un commerce de bois; en 1897, il s'établit à Sosnovicz comme professeur d'hébreu. Deux ans après, il revint à Odessa et y vécut plus d'une vingtaine d'années.

Il commença par enseigner dans un héder moderne, première tentative faite en Europe de rompre avec le héder traditionnel, et de donner une éducation hébraïque moderne aux enfants juifs. Plus tard, il fonda avec ses amis S. BenSion, Levinsky et Y.C. Ravnitzky, la maison d'édition Moriah; il fut aussi le rédacteur littéraire du mensuel hébreu Hashiloah. En 1921, BIALIK s'établit en Allemagne, d'abord à Hambourg, puis à Berlin, où il fonda la maison d'édition Dvir, qui devint par la suite une des principales maisons d'édition israéliennes. En 1924 il vint en Palestine et s'établit à Tel Aviv. Là, il se consacra à son œuvre littéraire et à une activité nationale.

BIALIK fut le plus grand poète hébreu des temps modernes. Il donna avec puissance une expression nouvelle à la misère de son peuple et à son aspiration à la libération. Sa poésie a profondément influencé ses contemporains. Il écrivit aussi en prose; ses essais se distinguent par la solidité du fond comme par la subtilité de l'esprit. Il enrichit le champ des lectures hébraïques en donnant des traductions parfaites de Don Quichotte de Cervantès et de Guillaume Tell de Schiller.

BIALIK nourrissait l'ambition d'offrir au peuple les trésors de l'enseignement et de la tradition juive, sous une forme populaire à la portée de tous les lecteurs. Son œuvre monumentale dans ce domaine est le Sefer HaAgadah (le Livre des légendes), réalisé en collaboration avec Y.C. Ravnitzky. C'est un recueil de légendes et de proverbes choisis de nos Maîtres, extraits de la Mishna, du Talmud et du Midrash, classifiés et accompagnés d'explications sur les expressions et les termes difficiles.

BIALIK publia aussi le premier volume d'une édition ponctuée et annotée de la Mishna, à l'usage de ceux qui ne pouvaient étudier les commentaires traditionnels.

Haïm Nahman BIALIK apporta une contribution considérable au développement de l'hébreu moderne. Il ressuscita un grand nombre de mots et d'expressions bibliques qui sont depuis restés dans le langage courant. Il est une des figures centrales de la littérature hébraïque moderne, et l'une des forces spirituelles les plus puissantes du peuple juif de notre époque.
(Source : Les constructeurs de la patrie, Publications du Département de la Jeunesse de l'Organisation Sioniste)

BIALIK fut un grand lyrique, héritier authentique de la tradition hébraïque, au lyrisme irrésistible, puisant à la fois sa douceur et sa fulgurance aux sources opposées des Psalmistes et des Prophètes.

Le poète a écrit ses poèmes les plus désespérés à une époque et dans un pays ou près de sept millions de juifs vivaient dans la terreur d'un régime d'intolérance, de persécutions et de pogromes.

Sur le plan sentimental, la note du poète est plus calme, plus douce, mais profondément triste. BIALIK représenta une génération en transition, une génération frontière entre une époque de ghetto et une autre d'émancipation et de plein air.

Le style poétique de BIALIK a atteint une perfection inconnue de la littérature hébraïque depuis des siècles. Il faut remonter jusqu'au moyen-age pour trouver ses grands émules. L'œuvre de Haïm Nahman BIALIK est aux yeux de la poésie hébraïque une œuvre nationale. (Ovadia CAMHY, traducteur de Bialik)

Mais, me direz vous, pourquoi nous parler tout d'un coup de poésie et de poètes, alors que, d'habitude, tu nous racontes des histoires sur ta vie quotidienne en Israël ?

Figurez vous que nous avons fait la connaissance, récemment, d'une famille de retour au pays depuis environ un an et demi. Lui français, elle israélienne, qui après leur mariage en Israël se sont installés en France et y sont restés vingt sept ans et ont eu trois garçons. Lui pédiatre, elle, Yvette, a fait des études littéraires en Israël avant de se marier, et a soutenu une thèse de fin d'études sur la poétesse Rachel Bluwstein dite Rahel, et est une grande spécialiste de......... Haïm Nahman Bialik !

Yvette ayant enseigné l'hébreu dans le milieu libéral à Paris, souhaitait apporter un plus aux immigrants en les aidant à faire connaissance avec la culture israélienne. Chose pratiquement impossible si vous ne maitrisez pas la langue. Pour cela, elle a proposé d'organiser des manifestations culturelles, en hébreu facile, et le premier évènement proposé a été la visite du Musée BIALIK, à Tel Aviv. En fait, la visite de la maison que Haïm Nahman Bialik avait fait construire, selon ses plans personnels, lorsqu'il s'est installé à Tel Aviv, à deux pas de la Mairie de l'époque.

La visite a été précédée d'une soirée d'étude à notre domicile, au cours de laquelle nous avons fait connaissance avec BIALIK, son parcours, ses œuvres et nous avons même étudié deux de ses poèmes qui ont été mis en musique : A l'oiseau et Mets moi sous ton aile, qui sont devenus partie du patrimoine israélien, au même titre que la Mer de Charles Trénet ou les feuilles mortes chantées par Yves Montand !

La visite a été un grand moment d'émotion !

Mais, me direz vous, pourquoi nous parler de BIALIK ?

J'y viens !

Il y a une quinzaine d'années, mon travail de consultant me conduisant à me déplacer régulièrement dans la région toulousaine, j'avais l'habitude, à l'heure du déjeuner, de manger rapidement pour, soit piquer un petit roupillon dans la voiture, soit faire du lèche vitrine quand la situation le permettait. Un jour, à Carcassonne, je tombe en arrêt devant la boutique d'un brocanteur, situé le long de l'Aude.

Sur la vitrine était apposé une affichette avec la mention suivante : «Livres Juifs» ! Une flèche indiquait plusieurs livres dans la vitrine. Bien entendu, en province, tout est fermé entre midi et quatorze heures, aussi je me promis de repasser voir le brocanteur si mon travail ne se terminait pas trop tard le soir.

Et, c'est ainsi que j'ai acquis quatre livres, dont l'un, dans la collection Judaïsme des Éditions RIEDER de Paris, dirigée par Edmond FLEG, achevé d'imprimer en mars 1933, et portant le numéro 18 sur 90, s'intitule Poèmes Hébraïques par Haïm Nahman BIALIK ! Imprimé alors que BIALIK était encore vivant.

Je suppose que ces livres avaient appartenu à quelqu'un qui s'était réfugié dans la région pendant la guerre, y avait pris racine, et, à sa mort, ses héritiers s'étant débarrassé de ces œuvres «encombrantes», les livres s'étaient retrouvés chez le brocanteur.

Aussi, nous avons abondamment utilisé ce livre pendant la soirée d'étude, et il m'a accompagné au musée.

Lorsque je montrai mon livre au brillant jeune homme qui nous guidait dans le musée, il eut une exclamation et me demanda de le suivre devant une vitrine, et, là, surprise, j'ai pu y voir un autre exemplaire du même livre !

Et ce n'est pas tout, vous savez que nous habitons la charmante ville de Ra'anana, située à quatorze kilomètres du centre de Tel Aviv, mais connaissez vous le nom de la rue dans laquelle nous habitons ?

Rue BIALIK, au numéro 16 !

Vous y croyez aux signes vous ?

Curieux n'est ce pas !

Au revoir et à bientôt, LéHitraote !


Le Musée BIALIK á Tel Aviv

Marie-Claude tenant notre exemplaire du livre de Poémes devant la vitrine

1 commentaire:

  1. j'aimerais tellement avoir en hébreu les paroles du poème d eBialik A'hen Hatsir haâm..
    ce n'est pas évident de trouver ses textes ici
    bravo popur votre travail de sauvegarde. La jeune génération devrait s'y pencher davantage..

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