Je reçois régulièrement par internet des demandes de dons pour un grand nombre d'organisation caritatives, tant israéliennes que françaises. On ne peut donner à tout le monde, il faut bien faire un choix.
Aussi, et entre autres, j'ai toujours répondu présent aux appels lancés pour les jeunes soldats.
Ho, certes, ce ne sont jamais des sommes importantes, mais je me dis que si nous sommes plusieurs à le faire, cela mettra toujours « un peu de beurre dans leurs épinards ».
C'est comme cela que j'ai participé à l'achat de pizzas pour un groupe de soldat après Pessach, ou bien au financement d'une barbecue partie pour un autre groupe de soldats, etc...
De plus, cela ne m'était pas trop difficile car le père de celui qui me fait suivre les mails demandeurs est un ami, et il me suffisait de lui passer un coup de fil pour lui dire de remettre à son fils une certaine somme d'argent que je lui remboursai dés que je le voyais.
Sauf qu'un jour, le fils m'a adressé un mail pour me faire savoir que, venant de changer d'employeur et partant tôt et rentrant tard, il n'avait plus de temps pour remettre l'argent à l'organisateur.
Il me conseilla de prendre contact avec lui !
C'est comme cela que je fis la connaissance de Roland un matin à son domicile, à Ra'anana.
Il me raconta alors qu'avec un ami londonien, discrètement, ils s'attachaient à apporter un peu de douceur dans la vie des jeunes soldats en organisant des manifestations festives à des moments cruciaux de leur longue et difficile vie militaire.
Il me montra des photos d’évènements passés et me proposa de l'accompagner au prochain qui avait lieu le lendemain. Je déclinai l'invitation, ayant un autre engagement au même moment, et lui demandai de me prévenir pour le suivant.
C'est ainsi que le 15 juin je reçu un mail m'annonçant un barbecue party dans une base du Néguev, pour un groupe de soldats qui terminaient leurs formation de « sergents instructeurs ». Après cette formation très difficile de trois mois, et 24 h de congés, chacun allait rejoindre une nouvelle affectation dans laquelle il serait chargé d'accueillir les nouveaux conscrits et de les former pendant leurs classes.
Le 22 juin, vers 17 h, nous prîmes la route en direction de Mitzpe Ramon, suivis par téléphone par deux autres voitures de gens de Ra'anana, dont les parents de l'un des soldats qui allait être honoré, comme d'autres, en raison de ses mérites.
Suivait aussi la cantine du traiteur qui devait fournir la nourriture aux 120 promus, dont 1 fille, et la voiture d'un DJ qui allait animer la soirée.
S'ensuivit un jeu de piste téléphonique qui dura deux heures et au terme duquel nous arrivâmes dans une base militaire en plein Néguev. Je vous passe les détails en ce qui concerne les procédures de sécurité, mais novice en la matière, j'ai été impressionné par leur professionnalisme, leur calme et la procédure elle-même.
Ce n'est qu’après l'arrivée essoufflée de l'adjoint du Commandant qui nous attendait, que nous pûmes pénétrer dans la base.
Après avoir rejoint le quartier du groupe, l'opération se mit en marche. Présentation au commandant, à ses adjoints, aux supers sergents instructeurs, ceux qui venaient de terminer la formation des 120, rencontre informel avec quelques soldats présents, déchargement du camion du traiteur, de la sonorisation, installation des tables, des chaises, etc...
Avant de passer aux festivités, une sous-officier, venue spécialement d'Eilat, réunit tout le groupe dans un amphithéâtre pour les entretenir du problème des soldats isolés.
Ils sont des milliers à s’enrôler dans l'armée chaque année, ils sont de tous horizons, ce sont des recrues sans familles. Autant un grand nombre n'a aucune difficulté à trouver une famille d'accueil pour les shabbatot et les fêtes, autant certains ne le peuvent pas.
Ce sont des jeunes religieux qui ont quitté le cocon des yéshivot, des familles harédi ou orthodoxes, pour s'engager dans l'armée, contre l'avis de leurs parents. Ceux-ci, devant la décision de leur fils, ont déchiré leur chemise et ont pris le deuil de leurs enfants !
D’où la souffrance de ces jeunes, qui ne peuvent aller dans n'importe quelle famille d'accueil. Le Commandement Général tenant à leur porter une attention toute particulière.
Une fois la conférence terminée les soldats se regroupèrent autour de nous, en tenue décontractée, car ils avaient demandé à Roland la permission de changer de tenue.
Que dire ensuite, quelle émotion de voir tous ces jeunes si heureux, si joyeux, si émus !
Nombre d'entre eux venaient parler à la dizaine de « parents » présents, l'un pour remercier, l'autre pour dire son émotion, le troisième pour faire part de sa gratitude .....
Chacun ayant envers nous un petit mot gentil, une formule de remerciement adaptée a la situation.
Ils n'avaient pas vu leurs parents depuis très longtemps, ils avaient mal mangé depuis aussi longtemps, et voir que des gens inconnus avaient fait le déplacement depuis le centre du pays pour leur apporter un bon repas dans une bonne ambiance, les rendaient heureux !
Nous aussi, de les voir heureux suffisait à notre bonheur, ce fut un moment inoubliable de simplicité, de fraternité, de joie communicative. (a noter que le coût d'un tel évènement s’élève à environ 3 000 euro).
Une fois le repas terminé, les tables et les chaises aussi vite débarrassées qu'elles avaient été installées, le sol balayé, nous nous retrouvâmes dans l’amphithéâtre où nous assistâmes à la projection de films réalisés par un soldat, et retraçant leur formation. Certaines des scènes déclenchaient chez les soldats de crises de rire, des exclamations et des applaudissements.
Bien entendu, j'étais incapable d'en comprendre le sens, mais de voir certains soldats monter des murs ou marcher sur des poutres avec un barda sur le dos qui devait être plus lourd qu'eux, était impressionnant.
Vint ensuite la cérémonie de la remise des médailles aux plus méritants, des certificats remis aux supers sergents qui quittaient leur groupe, de la remise d'une médaille au commandant qui la reçue avec émotion, et tout cela, devant 119 garçons et 1 fille tellement différents les uns des autres, venus d'horizons divers, d'Israël et d'ailleurs, dans un seul but, intégrer Tsahal pour défendre la patrie des juifs !
C'est avec tristesse que nous les avons quitté vers une heure du matin, sous une ovation.
Eh bien croyez moi, ce fut plus difficile de sortir de la base que d'y entrer ! Car la procédure prévoit que l'officier qui détient la clé de l'énorme portail coulissant qui ferme la base se trouve de garde dans sa chambre !
Et avant de le déranger, il est préférable d'être sur que cela en vaut la peine !
Le voyage du retour fut silencieux, toutes ces images tournaient dans ma tête.
Alors, si vous aussi vous avez envie d'apporter un peu de douceur dans la vie de ces garçons et de ces filles, qui vont passer trois ans sous l'uniforme, à s'entrainer au cas ou..., contactez moi, je servirai de relai à Roland.
Vous pourrez même l'accompagner la prochaine fois.
Au revoir et à bientôt, LéHitraote !









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