dimanche 13 décembre 2009
Haïm Nahman BIALIK
mercredi 11 novembre 2009
Conduire en Israël
Pour exercer mon activité, en France, j'utilisai quotidiennement ma voiture, cinq à six jours par semaine, au minimum une heure le matin et une heure le soir, comme la majorité des israéliens qui utilisent leur voiture pour aller travailler.
Pendant cette heure, il m'était possible, en fonction du type de route empruntée et de la destination, de parcourir 60 km à 110 km, alors que le citadin israélien fera entre 14 km à 30 km pendant le même temps.
J'ai toujours été attentif et prudent, et je n'était pas le seul à adopter ce comportement.
Je pense avoir été un bon conducteur, je n'ai eu qu'un seul accident sur la route entre 1972 et 2003, et encore, suite à une route glissante à la sortie d'un petit village du Tarn.
Je suis venu en Israël comme touriste, pendant 25 ans et, à chaque fois, j'ai loué une voiture et fait beaucoup de kilomètres. Je ne comprenais pas la conduite israélienne et ses codes.
Puis, j'ai fait mon alyah, passé le permis de conduire israélien et acheté une voiture.
Depuis, je circule en voiture tous les jours, pour faire nos achats, pour nous rendre à nos activités, pour aller voir les petites filles, pour rencontrer des amis, pour aller au restaurant, pour visiter le pays, soit environ 10 000 km par an, plus que mes dernières années d'activité en France.
Maintenant, je peux dire que conduire en Israël n'est pas une chose facile.
Pourtant, le gouvernement israélien fait des efforts considérables sur le plan des infrastructures, le pays est en perpétuelle amélioration de son réseau routier, il n'y a pas une région qui n'a pas ses grands travaux routiers, et certains sont colossaux pour un si petit pays.
Et manifestement il existe une stratégie nationale en matière d'infrastructure routière.
Le réseau routier est facilement compréhensible, une fois que l'on vous la expliqué. Il existe trois sortes de routes en Israël (hormis les routes citadines) : les routes inter-cités, les routes de type highway, limitées à 90km par heure, et la route numéro 6, limitée à 110 km par heure. Le système est conçu en râteau. Une route va d'un point à un autre, et le long de cette route des routes secondaires partent à droite et à gauche pour desservir des villes, des villages, des kibboutzim, des moshavim.
Toutes les routes qui portent des numéro pairs, vont du Nord au Sud, ou inversement, toutes les routes qui portent des numéros impairs vont d' Est en Ouest, ou inversement. C'est simple !
La route numéro 6, la transnationale, traversera un jour tout le pays, du nord au sud. Limitée à 110 km à l'heure, elle parcourt actuellement 138 km sans un seul feu et sans poste de péage. Elle devrait bientôt arriver à Bersheeva et ensuite, peut être, rejoindre Eilat. Des radars suspendus aux entrées et aux sorties, capturent le numéro minéralogique de la voiture, et, mensuellement, son propriétaire reçoit, à son domicile, un relevé de tous ses passages. Il peut payer à la poste, par sa banque, par internet, ou bien avoir un accord de prélèvement automatique, s'il l'utilise souvent. De ce fait, il n'y a aucun bouchon aux entrées et aux sorties. Intéressant non ?
La signalisation routière perturbe aussi la circulation pour les non initiés, bien qu'elle soit rédigée en trois langues : hébreu, arabe, anglais.
On a l'impression qu'il n'y a pas de règles bien précises en la matière.
Parfois les panneaux de signalisation sont mal placés, c'est à dire pas assez en avant du lieu qu'ils sont censés indiquer, ce qui fait qu'une fois le panneau lu, vous avez dépassé l'endroit.
Parfois, il sont placés à gauche pour indiquer que vous devez tourner à gauche, mais comme vous ne pouvez pas rouler tout le temps à gauche, je vous laisse imaginer le problème...
Il semble aussi qu'il n'y ait pas de normes en ce qui concerne la traduction en anglais. Certaines traductions sont en contradiction avec les règles phonétiques apprises à l'Oulpan.
Une grande source de confusions aussi tient, je pense, à la volonté des autorités de bien faire. En effet, surtout dans les régions de Jérusalem, de Béersheva, et aussi en Galilée, il y a profusion de panneaux indiquant les mêmes directions.
Ainsi, à un moment donné, en venant de Tibériade et en vous dirigeant vers Tel Aviv, en tournant à gauche pour emprunter la route numéro quatre par exemple, vous trouver immédiatement des panneaux vous indiquant la direction de Tel Aviv. Par la route numéro deux. Mais comme cela n'est pas précisé, vous pensez qu'il vous faut tourner à droite, et vous vous retrouvez sur la deux sans le vouloir ! Il faut le savoir.
Par contre, au sein de nombreuses villes, une signalisation exceptionnelle qui facilite la vie à tout le monde, c'est la numérotation des carrefours sur les grands axes. Un panneau jaune portant un numéro est suspendu en l'air à chaque carrefour comportant des feux de croisements, et lorsque l'on vous indique une direction, on vous précise : sur Weizmann, au carrefour numéro 14, tourner à droite... Ce qui vous évite d'essayer de lire les noms des rues et de vous faire engueuler par les automobilistes parce que vous roulez trop lentement !
Mais, il n'y a pas que le réseau routier qui fait la qualité de la circulation, il y a, surtout, les automobilistes !
C'est la qu'est le problème !
On ne peut pas dire que le conducteur israélien soit méchant, ou agressif, mais dans un pays constitué de gens venus du monde entier ou nés sur place, avec des cultures aussi diverses et des éducations aux antipodes les unes des autres, circuler en Israël n'est pas une chose aisée.
Une grande majorité des automobilistes et même motocyclistes et scootéristes, pensent qu'ils sont seuls au monde sur la route.
Ces conducteurs oublient qu'il y a autour d'eux d'autres automobilistes, et même des piétons.
Et leur façon de conduire influence la circulation et le comportement de tous les conducteurs, elle ralenti la circulation et génère de mauvais comportements puisqu'il faut tenir compte de cette mauvaise façon de conduire.
Aussi, si vous voulez conduire à l'israélienne, voici comment vous devez vous comporter :
- n'utilisez jamais votre clignotant pour indiquer votre intention de tourner à droite ou à gauche, certains disent que personne n'a besoin de savoir ou vous allez !
- changez souvent de file, sans prévenir; «si tu n'apprends pas a te faufiler dans la circulation, tu restes bloqué dans les bouchons» est le dicton de l'automobiliste,
- Ne mettez pas votre clignotant pour indiquer votre intention, mais au moment de tourner,
- accélérez pour doubler le véhicule à votre droite, puis faites lui une queue de poisson pour tourner à droite, la même chose est possible à gauche,
- quand vous avez envie de changer de file, c'est : «pousse toi de la que je m'y mette !»
- accélérez pour passer au feu orange, mais ne soyez pas pressé quand le feu devient vert,
- ne restez pas longtemps arrêté à un stop et faites tout ce que vous pouvez pour vous insérer dans la circulation,
- conduisez a vive allure et, arrivé au stop, freinez brusquement, ainsi vous obligerez les automobilistes ayant la priorité à freiner croyant que vous n'allez pas vous arrêter,
- pour garer votre voiture, mettez vous à cheval sur deux places de parking, ou bien en épi sur des places en créneau, ou alors en créneau sur les places en épi; éventuellement, parquez vous sur le trottoir ou au milieu des rond points quand il n'y a pas d'autre place,
- arrêtez vous dans les espaces réservés aux autobus,
- arrêtez vous en stationnement interdit pendant que madame ou votre enfant va acheter une glace ou un paquet de cigarettes,
- conduisez d'une main, le téléphone portable en position "loudspeaker" dans l'autre, face à vous,
- doublez les véhicules à l'arrêt, mal garés, sans vous soucier de savoir si vous n'allez pas bloquer la circulation de ceux qui viennent en face et qui ont la priorité,
- vous pouvez opérer un demi-tour dans la voie a double sens, au mépris des autres automobilistes,
- si nécessaire même sortez en marche arrière de parking donnant sur une voie a grande circulation, et ne tenez pas compte du panneau stop,
- klaxonnez à toute occasion, des que le flot des véhicules s'immobilise, si un piéton vous gêne, si les véhicules ne démarrent pas assez vite au feu vert,
- allumez vos antibrouillard la nuit, même s'il n'y a pas de brouillard,
- quand vous voyez un piéton s'engager sur un passage protégé sans feux, changez de file pour ne pas avoir à vous arrêter,
- si en plus, vous êtes chauffeur de taxi, c'est pire, roulez au pas ou garez vous en double file, dans l'attente du client, entravez la circulation, sans vous soucier des autres automobilistes,
- et, enfin, si vous êtes conducteur d'engins sans permis, conduisez au mépris de toutes les règles de sécurité.
Bref, le conducteur israélien majoritaire ne pense pas qu'il y a d'autres automobilistes qui sont avec lui sur la route.
Il n'y a que lui qui compte. Il s'étonne que l'on puisse lui reprocher quelque chose.
Au cours des leçons prises pour passer le permis israélien, mon instructeur de l'auto-école ne cessait de me dire "quand vous arrivez à un rond point, observez les voitures qui s'y engagent et engagez vous selon la direction que vont prendre les voitures engagées". Comme presque toutes les voitures « oublient » d'indiquer leur direction, il faut qu'il n'y ait plus de voiture dans le rond point pour pouvoir s'engager.
Le non respect du code de la route et de l'autre automobiliste, est la cause de nombreux accidents. La France, l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne, ont une même culture automobile, le respect forcé du code de la route et de l'autre automobiliste.
Certes, dans ces pays il y toujours des accidents de la circulation, mais souvent dus à des conditions météorologiques, au non respect volontaire du code de la route, au mauvais état des infrastructures, à l'alcoolisme, à la conduite sous l'emprise de la drogue, au non respect des durées de conduite et, surtout, aux fortes migrations saisonnières et aux excès de vitesse.
Alors qu'en Israël, les distances ne sont pas assez longues pour engendrer une fatigue au volant, les routes sont suffisamment encombrées pour empêcher de rouler à des vitesses excessives, l'israélien ne boit pas (bien que sur ce sujet aussi il semble que les jeunes israéliens sont en train de rattraper les pays occidentaux) et il fait beau dix mois sur douze.
Ce qui manque à l'automobiliste israélien c'est "la peur du gendarme" ! De savoir qu'il est observé et qu'il peut être verbalisé à tout moment, même pour avoir arrêté sa voiture juste pour acheter un paquet de cigarettes, ou pour ne pas avoir bouclé sa ceinture de sécurité, ou pour conduire en tenant son mobile à l'oreille, et on comprend que la police n'a pas beaucoup de temps libre pour cela.
Pensez que les policiers municipaux, chargés de contrôler les stationnements, utilisent leur téléphone portable pour photographier les voitures en infraction, et ce pour éviter toute contestation !
Malheureusement, chaque semaine apporte ses statistiques macabres sur les accidents de la route de la semaine écoulée. Cela devient un fléau national et tous les ministres des transports successifs tentent de trouver de nouvelles solutions pour les endiguer.
Je n'ai pu me procurer les statistiques par région, je ne sais même pas si elles existent, mais il y aurait des régions en Israël ou il y aurait plus d'accidents qu'ailleurs.
Aussi, soyez prudents et étudiez bien votre parcourt avant de partir !
samedi 12 septembre 2009
Volontariat en Israël
« -Allo Michel ?
-Oui......
-c'est Paul !
-Paul ?
-Oui, Paul ! Comment ça va ? »
Le temps que mon cerveau intègre cette voix, que les synapses la reconnecte à ma mémoire, tout cela en une fraction de micro-seconde.......
« -Ah oui Paul, quel plaisir de t'entendre !
-Je suis avec Albert ! »
J'ai travaillé avec et sous la responsabilité de Paul pendant quatorze ans, période pendant laquelle j'ai beaucoup appris à son contact. Paul est un très grand professionnel qui a exercé des responsabilités nationales. Nous sommes restés amis après mon départ et nos relations ont toujours été agréables, voir familiales.
Albert est un ami d'enfance de mon épouse, et, forcément, j'ai fait sa connaissance ainsi que celle de sa mère et de ses sœurs, lorsque j'ai rencontré Marie-Claude. Albert est un pilier de la communauté juive toulousaine et actuellement Président du Bné Brith de Toulouse.
Paul n'est venu qu'une seule fois en Israël avec son épouse, et Albert, célibataire endurci, a fait pratiquement parti de tous les voyages officiels organisés par les associations juives de Toulouse.
Et, effectivement, dans la nuit du mardi au mercredi précédente, en revenant de l'Opéra de Tel Aviv ou nous étions allés voir Carmen, j'avais trouvé un mail sibyllin de Paul me demandant mes coordonnées car il partait pour un voyage en Israël, mais il ne pouvait me dire ou il serait ! Je lui avais répondu, mais n'ayant pas de nouvelle depuis, j'avais oublié.
Et voila que j'avais maintenant Paul au téléphone.
« -Où êtes vous ?
-A Jaffa, dans une maison militaire ! »
Et voici l'histoire complète :
Il y a trois décennies de cela, un demi-millier de volontaires américains réunis dans l’urgence par le Général Aharon Davidi venaient en aide à la population du Nord d’Israël, contrainte de sacrifier ses récoltes pour aller défendre ses frontières. Ainsi naissait Sar-El – Sherut Le Israel, le projet National des Volontaires pour Israël.
Chaque année, ce sont plusieurs milliers de volontaires qui, sans distinction de nationalité ou même de religion, apportent leur contribution à la branche logistique de l’armée israélienne.
Ce qui les rassemble : un désir profond de venir en aide à l’Etat d’Israël.
L’expérience que propose l’association Sar-El est aussi une formidable occasion de découvrir le pays ; certains décident d’y rester, même si Sar-El n’a pas pour objectif d’installer ses volontaires en Israël, et leur laisse à ce sujet «le plus grand libre-arbitre».
Il est aussi possible de soutenir Israël depuis la Diaspora, sans être volontaire dans les bases de l’armée. Envoyer un don est aussi une façon de contribuer à améliorer les conditions de vie des volontaires.
Le Général de réserve Aharon Davidi a créé Sar-El à 55 ans, et il a aujourd’hui presque 83 ans !
Et voilà que nos deux lascars, habitués aux hôtels 5 étoiles, aux restaurants de luxe, au confort douillet de leur intérieur, viennent, à plus de 65 ans, passer dix jours dans une base militaire perdue du coté d'Ashdod, en plein désert, pour assembler des étagères métalliques, contrôler l'exactitude du contenu de paquetages, dormir dans des bas-flancs, transpirer dans leur uniformes kakis et sous la surveillance pointilleuse d'officiers de Tsahal !
-C'est ma sœur m'a répondu Albert, cela fait plusieurs années qu'elle en a fait, et, nous nous sommes dits que si nous ne le faisions pas maintenant, à notre âge, nous ne le ferions jamais ! »
Bien évidemment, nous étions contents de les voir, nous avons soupé en famille chez notre fille, au bord de la piscine, en compagnie de toute la partie israélienne, le lendemain midi ils voulaient nous inviter à déjeuner, nous les avons emmené a Hertzlya, face à la mer, dans un excellent restaurant de poissons, Albert avait de vagues souvenirs de Césarée, nous les avons emmené à Césarée pour une visite du parc archéologique et, en fin de journée, petite visite rapide de Tel Aviv, la Cinémathèque, Sdérot Rotschild, la Tayelette et, enfin, retour à Jaffa ou le reste de la troupe les attendait pour passer la soirée avant de retourner dans la base le lendemain à l'aube, bref, une tournée dans les environs et dans tel Aviv de prés de 150 km.
Aussi je ne peux que les féliciter pour leur courage et leur décision, c'est la preuve que lorsque l'on aime Israël, il n'y a pas d'âge pour s'engager.
Cependant, une remarque d'Albert m'a interpellée. Cela fait plus de trente ans qu'il vient en Israël, en compagnie d'organisations officielles, pour rencontrer les différents présidents, premiers ministres, pour résider dans de grands hôtels, pour être véhiculé dans tout le pays, toujours en bus, accompagné d'un guide, d'un chauffeur et d'un garde.
Sur le chemin du retour il m'a fait part de son étonnement quand à la facilité de circulation dans le pays.
«-Je n'aurais jamais cru qu'il soit aussi facile de circuler dans le pays, la qualité et la quantité des routes, de voir la façon dont tu conduits, ta confiance, les différentes itinéraires que tu empruntes sans te soucier, je suis très étonné ! Je ne pensai pas cela possible !»
C'est à dire que bien qu'Albert soit un inconditionnel d'Israël, il avait quand même des doutes sur la sécurité et l'organisation du pays. Il était malgré tout conditionné par ce que l'on dit en France !
Au revoir et à bientôt, LéHitraote !
Michel RAPOPORT

Groupe de volontaires

La montée du drapeau
Remise du diplôme
Remise des épaulettes
Paul et Albert avec leur officier
Détente au restaurant face à la mer
P.S. Les photos ont été gracieusement fournies par les volontaires.
mardi 9 juin 2009
Cette lettre a tardée a paraître parce que j'étais très occupé dans la préparation d'un spectacle de soutien aux enfants défavorisés en Israël, victimes de violences familiales.
Il existe en Israël des maisons d’enfants accueillant des enfants retirés a leurs familles, en raison de problèmes parentaux tels que drogue, alcool, violences, abus sexuels ou autres, emprisonnement ou encore difficultés économiques sévères.
Bien entendu, tout est fait pour faciliter la tache de la famille d'accueil. Toutes les maisons sont regroupées dans un village fermé, genre kibboutz. Il y a une cuisine centrale qui livre les repas, une laverie centrale qui lave le linge des enfants, médecin, psychologue, assistance sociale et éducateurs sont présents dans le village, et même, pour ceux qui le souhaitent, une synagogue est á leur disposition et des cours de religion leurs sont dispensés.
Ces enfants, sous tutelle de l'état, peuvent être autorisés a revoir leur famille régulièrement, ou jamais, dans l'attente d'une décision de justice. L'état d'Israël subvient a tous les besoins «basiques» de ces enfants: scolarité, nourriture, entretien, etc...
Il y a 15 centres comme cela en Israel, regroupant environ 1 800 enfants, pensionnaires ou externes.
Les enfants de la maison avec le comité
«Arbre» des enfants de la maison
Ces enfants n'ont personne pour combler leurs besoins «extra quotidiens» : culture, enrichissement personnel, éducation sportive, formation religieuse, argent de poche pour les militaires, logements pour les étudiants, frais de transport, frais d'inscription aux universités, etc...
C'est la qu'intervient l'association Torah BneTsion Tsedek.
Fondée Par le Grand Rabbin Paul ROITMAN dans les années 80, Tsedek c’est une aide tant matérielle que spirituelle aux enfants de familles défavorisées d’Israël, un mouvement apolitique et ouvert à tous sans distinction, l'accueil des enfants de différentes mouvances, pratiquants ou non, nouveaux immigrants ou israéliens, une structure administrative limitée permettant de réduire les coûts et de consacrer la presque totalité du budget aux actions en faveur des enfants, plus d’une trentaine de sections locales à travers le pays. Celles-ci sont implantées dans des quartiers socio-économiques défavorisés ou encore dans des communes où aucune autre institution culturelle ou communautaire n’existe.
Actuellement dirigée par Henry (Shlomi) AMAR, fils du grand Rabbin Jacky AMAR, Tsedek oeuvre dans certaines de ces maisons d'enfants en proposant toute une panoplie d’activités éducatives et récréatives, pour l'épanouissement de ces enfants. En ce qui concerne l'éducation religieuse, Tsedek a conçu un programme éducatif tout au long de l’année. Ce programme se conclut par une journée célébrant collectivement et solennellement les bar (bat) mitzvah.
Certains de ces enfants sont suivis pendant toute leur adolescence, leur service militaire et leurs études. Beaucoup réussissent leurs études et accèdent á des emplois ou a des professions libérales.
Et c'est un plaisir de voir la façon dont ces enfants accueillent Shlomi ou Olivier quand ils viennent leur rendre visite.
Les enfants de la maison d'Afoula Élite avaient un rêve : créer un groupe musical, et se produire sur scène. Tsedek a donc demandé á un directeur artistique de mettre ses talents au service de ce projet pédagogique. Ainsi, le groupe musical d'Afoula Élite est devenu très professionnel et se produit régulièrement en Israël, mais aussi en France, en Suisse, et même en Italie !
Tous les enfants qui sont passés par la chorale obtiennent de bons résultats scolaires et réussissent au bac ! Ce projet est un succès et voir la joie de ces enfants sur scène est un plaisir immense !
Nous avons eue l'occasion de visiter le Centre Élite de la ville d'Afoula en octobre 2007, en Galilée. Nous avons été surpris de voir le comportement de ces enfants, leur joie de rencontrer des visiteurs qui s'intéressent a eux. Et c'est au retour de cette visite qu'un petit groupe de jeunes mères de familles, de salariés et de retraités ont décidé de créer un comité Tsedek a Ra'anana pour apporter leur soutien a ces enfants défavorisés.
C'est ainsi que le 2 juin, nous organisions notre deuxième concert, le premier s'étant déroulé le 18 février 2008.
Certes, le but de la soirée était aussi de recueillir des fonds pour financer des journées de colonies de vacances, car le mois de juillet arrive très vite, mais nous étions surtout heureux d'avoir réussi á déplacer plus de deux cents personnes pour faire connaissance avec ces merveilleux enfants.
Au revoir et á bientôt, LéHitraote !
Michel RAPOPORT
mercredi 25 mars 2009
La Musique
En première partie, nous avons entendu le concerto numéro 4 en G Major, Opus 58 pour piano et orchestre de Beethoven, dirigé par Constantine ORBELIAN et interprété par Golda VAINBERG-TATZ au piano. Golda VAINBERG-TATZ est connue pour « son style puissant et sa touche limpide, une interprète fascinante, une artiste virtuose et profonde ». Elle est née en Lituanie, a parcouru le monde, obtenu de nombreux prix et enseigne maintenant aux États-Unis.
En seconde partie, nous avons eu un récital du Groupe AMBAR, accompagné du Symphonette Ra'anana, qui a interprété un festival de musique d'Amérique latine, Colombie, Vénézuela, Brésil et Cuba.
Le Groupe AMBAR comprend trois musiciens colombiens et un violoniste russe, chacun contribuant au groupe avec sa touche personnelle.
Ainsi, Sasha ROZHDESTVENSKIY, le violoniste, né a Moscou, est un virtuose exceptionnel et « l'un des plus talentueux violoniste de Russie » ! Et, cerise sur le gâteau, il joue avec un Stradivarius de 1715 !
Ce fut un concert délirant, une ovation debout pour Sasha, une grande partie des spectateurs étant acquise a la cause, puisque d'origine latino-américaine.
voilà les surprises de la musique en Israël !
Dés que nous avons fait connaissance avec nos amis belges, René, « ancien pianiste amateur confirmé », et musicologue averti, nous a fait connaître Symphonette Ra'anana, et nous a incité á nous abonner aux concerts.
C'est ainsi que, depuis quatre ans, nous avons assisté á plusieurs dizaines de concerts, tels que Viva Barcelona dirigé par Salvador BROTONS, chef d'orchestre catalan, avec Rali MARGALIT, violoncelliste israélienne, inventeur du « Chell-Hu », avec Jordi MOLINA grand spécialiste de l'instrument a vent catalan « le Tenora »; un récital de piano de Vag PAPIAN, le père, a la mémoire du sergent David PAPIAN, le fils, tué en activité militaire a Gaza, et au profit des oeuvres des soldats; une série de leçons de musique « Schubertiades » á l'occasion du deux centième anniversaire de la naissance de SCHUBERT, données par Gil SHOAT, chef d'orchestre emblématique du Symphonette Ra'anana; concert hommage a la mémoire des partisans juifs de Biélorussie et des frères BIELSKI, bien avant que le film « les insurgés » n'apparaissent sur les écrans de cinéma, et avec la participation d'un ancien partisan qui, après la guerre est resté sur place pour reconstituer une école de musique; une série de leçons de musique sur Beethoven ce qui m'a incité ensuite á acheter l'intégrale de ses sonates; l'inoubliable duo GURFINKLE, Alexander et Daniel, seize ans tous les deux, jumeaux de naissance et de clarinette, descendant de trois générations de clarinettistes, interprétant Tchaïkovsky et Gershwin, etc, etc, etc.....
Sans oublier que le Symphonette Ra'anana possède ses propres solistes tels que Nitai ZORI, premier violon de l'orchestre et dont le frère jumeau est aussi chef d'orchestre, Konstantin SOKOLOV, violoncelliste, etc.
Mais il n'y a pas que la musique classique á Ra'anana.
Mes deux plus grandes émotions musicales en Israël ont des origines différentes.
La première, évidement, a eu lieu lorsque j'ai assisté a mon premier concert á l'occasion de la fête de l'indépendance d'Israël, á l'amphithéâtre en plein air du parc de Ra'anana. Et là, je me suis dit : « Quoi, je suis assis ici, sous le ciel étoilé d'Israël, et j'entends et je vois des musiciens jouer des airs que je ne connaissais que par l'intermédiaire de disques ou de vidéos, en compagnie de cinq milles personnes vibrant toutes á l'unisson, wwooaahhhh ! »
Depuis, il y a eu d'autres concerts au parc, tous fabuleux !
Spectateurs á l'amphithéâtre du parc 
La seconde, un peu plus tard, lorsque nous étions abonnés au country club, un concert karaoké de chansons du temps des pionniers avait été organisé un samedi soir. Pour moi, des chants de pionniers signifiait des chansons israéliennes anciennes qui allaient être reprises en choeur par toute l'assistance !
Et là, oh surprise, les chants de pionniers étaient des chants russes révolutionnaires et autres, traduits en hébreu, et interprétés par de sublimes voix russes ! Et oui, parce que les pionniers, ceux qui sont venus en 1882 et en 1904, lors des deux premières alyah, venaient pour la plus part de Russie ou résidait cinquante pour cent de la population juive mondiale de l'époque !
Et moi, qui dans ma jeunesse, avait toujours adoré la musique russe, possédait plusieurs disques ou cd de chansons russes interprétées par les choeurs de l'armée rouge ou autres groupes folkloriques, j'étais là, en Israël, encore une fois, sous le ciel étoilé, écoutant des chants que je connaissais, mais en hébreu, quelle merveille ! Jamais je n'aurai pu imaginer cela !
Bon, mais la musique en Israël, ce n'est pas que ça !
Il y a aussi le cabaret « kamelot » ou nous avons eu le plaisir de voir l'ensemble « swing de gitans », ensemble suédois rappelant le mythique groupe de Django Reinhardt et Stéphane Grapelli, qui a été rejoint en fin de spectacle par trois jeunes guitaristes israéliens et ensemble ils ont fait un boeuf du tonnerre ! Il y a eu aussi un groupe irlandais qui a réussi l'exploit de faire lever les spectateurs pour danser des gigues endiablées !
Il y a aussi la mairie d'Hertzlyah Pitouach qui organise chaque été des concerts gratuits en plein air, face á la mer ou nous avons pu voir, entre autre, Eyal SHILOACH, violoniste exceptionnel, et ses amis, nous interpréter un pot pourri de musique kleitzmer de façon magistrale !
Je n'oublie pas non plus les concerts de jazz du mois d'août organisés par la mairie de Césarée dans lesquels se produisent des ensembles de jazz américains renommés. Dans les ruines millénaires, des milliers d'amateurs de jazz communient et, après le spectacle, se répartissent dans différents lieux du site pour écouter de petits groupes locaux jusque tard dans la nuit.
Mon seul regret est de ne pas avoir encore pu assister á la fête de la musique kleitzmer de Tzfat (Safed) qui a lieu tous les ans fin juillet.
Mais je ne désespère pas !
Il y a aussi la musique dans la famille ! Laurence et Daphna jouent du piano et reçoivent des cours d'une professeur d'origine russe, Tania. Depuis deux ans maintenant, Laurence et Tania organisent le concert annuel de tous les élèves de Tania, dans la maison d'Aryeh et de Laurence. Cette année, le concert se déroulant pendant la fête de Pourim, pour corser la chose, tous les participants, soit une soixantaine de personnes, devaient venir costumées.


Daphna déguisée en gitane et Laurence déguisée en Pierrot
J'ai assisté il y a quelques jours á une conférence organisée par la Katédra Hammamit sur le thème : « Qu'est ce que la musique juive ? ». Le professeur André HAJDOU, médaille d'or d'Israël, professeur de musique á l'université de Bar Ilan, ethno-musicologue depuis quarante deux ans, nous a expliqué que le peuple juif ayant été dispersé pendant deux milles ans, les juifs, partout ou ils se sont installés, se sont imprégnés de la musique locale pour en devenir de merveilleux interprètes. Et donc, que l originalité de la musique juive moderne est de conserver toutes les origines.
C'est ainsi que vous pouvez voir et entendre en Israël des musiques du monde entier, interprétées par de fabuleux musiciens !
Quel plaisir !
Au revoir et á bientôt, LéHitraote !
Michel RAPOPORT
samedi 14 mars 2009
Anniversaire de naissance
Les jeunes enfants vont au jardin d'enfants, au Gan, dés deux ans, deux ans et demi.
Il s'agit, en principe, d'une structure privée, c'est á dire indépendante du Ministère de l'Éducation Nationale, qui peut être financée par la municipalité, plus les parents, ou que par les parents.
Les jardinières d'enfants (ganénettes) ont une formation spécifique, et sont aidées par des assistantes, en principe deux, en fonction du nombre d'enfants dans la classe, les assistantes sont chargées des taches matérielles.
Chaque enfant devient , un jour par an, le Roi ou la Reine de la classe, pour peu que son anniversaire tombe pendant la période scolaire. Si l'anniversaire de deux enfants tombent le même jour, la ganénette fera en sorte pour déplacer les fêtes !
Lorsque ce jour arrive, les parents de l'enfant sont conviés á participer á la fête. Les grands-parents aussi !
C'est comme cela que nous nous sommes retrouvés, un jour, vers dix heure, au Gan de Ori, notre troisième petite fille et, en même temps, notre cinquième petit enfant, pour fêter son troisième anniversaire. Vous suivez ?
A noter que le shabbat précédent, ses parents avaient organisé une petite fête familiale pour la même occasion, c'est dire si Ori était conditionnée et préparée a cet évènement !
Ori est donc devenue, pendant une heure environ, le centre de la classe. Elle était assise entre ses parents, face á tous les enfants assis en demi-cercle. Et Rinate, la ganénette a déroulé un petit programme de festivités comprenant des chants spécifiques, des rondes et des chansons apprises en classe.


Un moment important et émouvant a été le comptage des années.
A cet effet, on a disposé sur le sol, devant Ori et verticalement, trois cerceaux. Ori a sauté a pieds joints dans le premier cerceau, puis dans le second et enfin dans le troisième, pendant que les autres enfants avec le personnel et les parents comptaient un, et deux, et trois et quatre !
Ensuite, cela a été les embrassades puis quelques jeux de groupe et, le calme revenu, Laurence et Aryeh ont soulevé quatre fois la chaise sur laquelle était assise Ori.
Pourquoi quatre alors que Ori fêtait ses trois ans ? Parce qu'il faut penser á l'année prochaine !

Après, chaque enfant voulant souhaiter un bon anniversaire á l'héroïne du jour a été appelé pour la serrer fortement dans ses bras, car en Israël on ne s'embrasse pas !
Vient alors l'allumage des bougies. Bien évidement, les parents sont venus avec quelques friandises et surtout, le gâteau d'anniversaire. Le nombre de bougies correspondant a l'age sont positionnées sur le gâteau, plus une supplémentaire, pour l'année á venir !

Et Ori a soufflé les bougies !Ensuite, les enfants se sont assis autour de leur table et ont, gentiment, dégusté le gâteau d'anniversaire et les friandises.
Puis, les parents ont été priés de s'éclipser car le déroulement de la journée habituelle devait reprendre. Ici, les enfants vont á l'école ou au gan de 8 heures, 8 heures 30 á 14 heures, 14 heures 30, et ils prennent leur repas de midi pendant les heures de cours.
Outre le fait que pendant ce court instant l'enfant se considère comme le héros de la classe, avec tous les aspects positifs que cela comporte, mais en plus, la ganénette essaye d'enseigner aux enfants le respect de l'autre et elle leur apprend á exprimer leur affection s'il le désire.
Un enseignement que l'on aimerait voir ailleurs !
Au revoir et á bientôt, LéHitraote !
Michel
Fevrier 2009
vendredi 13 mars 2009
Excursions
Ein Hod
S'il y a un domaine d'activité qui se porte bien en Israël, c'est celui des excursions (tiyoulim en hébreu, du verbe LeTayel : se promener).
Tout est fait pour permettre chacun de faire connaissance avec la géographie du pays, avec l'histoire ancienne et moderne du pays, avec les coutumes du pays.
Israël est le pays au monde dans lequel il y a le plus fort taux de musée par tête d'habitants ! Il faut le savoir !
Si un jour vous voulez vous inscrire á un tiyoul. Vous n'avez que l'embarras du choix. Tout va dépendre de votre environnement.
Car en effet, les écoles primaires, les collèges, les lycées, l'armée, les universités, les mairies, les entreprises, les centres d'intégration, les particuliers, ceux qui organisent une bar ou une bat mitzvah (majorité religieuse), ceux qui vont marier leurs enfants, ceux qui ont un anniversaire a fêter, ceux qui n'ont rien a faire et ceux qui veulent faire quelque chose, ceux qui reçoivent de la famille de l'étranger, les organisateurs de congrès, les organisateurs de foires, les hôtels, ceux qui ont quelque chose a vendre et ceux qui voudraient acheter quelque chose, bref tout le monde peut, un jour, organiser un tiyoul !
Le jour, sortie du musée de Yad Vashem
Il y a les tiyoulim destinés aux touristes, et ceux destinés aux israéliens. On n'y voit pas les mêmes choses. Ceux d'une journée (la majorité), et ceux de plusieurs jours.
Une excursion peut ne comprendre qu'une quinzaine de personnes, un groupe familiale par exemple, ou bien comprendre quarante ou cinquante personnes, soit un autobus complet, voir plusieurs autobus.
Il y a les tiyoulim ou l'on marche beaucoup, genre randonnée pédestre, et ceux ou l'on marche peu, genre ceux destinés aux mouvements américains de soutien a Israël; il y a ceux repas compris, et ceux ou il faut emporter son repas.
Et c'est pour cela que la population des guides en Israël est immense. Il y a des guides qui se contentent de guider, d'autres qui font des conférences universitaires pendant l'excursion, d'autres qui organisent complètement l'opération, d'autres encore qui vous accompagnent, d'autres qui vous transportent, etc... Selon la destination, Israël ou les territoires disputés, un garde armé et un véhicule blindé peuvent être exigés.. Les guides savent quand cela est nécessaire.
Tous les guides doivent avoir une autorisation du Ministère du Tourisme Israélien pour exercer leur métier et porter, bien en évidence, leur carte professionnelle pendant toute la durée du tiyoul.
HaKotel HaKatan, Jérusalem

Ein Hod
Se pose ensuite le problème de la langue, car si tous les guides doivent impérativement parler hébreu, certains peuvent guider en plusieurs langues ! Bien évidemment, l'anglais est majoritaire, mais l'on trouve aussi de bons guides francophones. La plus part des guides israéliens parlent au moins trois langues, cela va dépendre de leur pays d'origine. J'en ai même rencontré certains parlant couramment l'arabe, et des guides arabes, oui il y en a, parlant couramment l'anglais.
Donc, un matin, vous arrivez au point de rendez vous, vers 7 h du matin et la première des choses a faire est de ne pas se tromper de bus. En effet, les points de rencontres sont bien répertoriés et communs a tous les tiyoulim, il y a toujours une facilité de stationnement pour le bus et un parking a proximité pour les usagers et souvent des gens qui attendent des destinations différents.
Une fois dans le bus, si vous ne papotez pas avec des ami(e)s, vous pouvez alors voir Israël différemment, c'est á dire autrement que d'une voiture coincée dans les embouteillages. Et alors vous apprécierez la maestria du chauffeur qui, non seulement se joue de toutes les difficultés routières, mais de plus se débrouille pour doubler tous les véhicules et être toujours devant.
Habituellement, assis dans votre voiture, vous les auriez traités de fous, mais là, vous êtes bien content de ne pas être coincés dans les bouchons (pkakim en ivrit)!
Et, soudain, le paysage qui s'offre a vous est surprenant ! Que vous alliez vers le nord, vers le sud, vers l'est ou vers l'ouest, dés que vous avez quitté les grands centres et leurs embouteillages, c'est un défilement d'images inédites ! Vous commencez alors á apprécier la diversité d'Israël. En effet, sur un si petit territoire vous pouvez voyager dans des déserts de sables brûlants, ou de roches aux formes multiples et multicolores ou dans des forêts de conifères qui n'ont rien á envier á la Suisse, ou encore au milieu de champs de verdure ou de serres gigantesques, et cela sous un ciel d'une luminosité exceptionnelle !
Oui, car les tiyoulim ont lieu, en principe, de février a novembre.
A la recherche de la reine des montagnes, du côté de Rishpon

Soudain, l'autobus s'engage dans une station á essence pour l'opération shiroutim (toilettes : halte pipi) parce que les deux premières choses qui sont enseignées aux élèves guides, sont : premièrement, localiser toutes les toilettes publiques sur chaque circuit, deuxièmement, prévoir une halte pipi toutes les heures et demie !
Et là, alors que vous croyiez être les seuls á voyager, vous découvrez que sur le parking sur lequel s'engage l'autobus, il y a déjà 50 autobus garés attendant leurs passagers, un centre commercial classique, des excursionnistes courant dans tous les sens, qui pour aller aux toilettes, qui pour acheter une glace, qui pour acheter un sandwich, qui pour boire un café ou toute autre boisson !
Puis tout ce petit monde remonte dans son autobus, bien sur toujours plus tard que prévu, et le voyage reprend, permettant a chacun d'ingérer son acquisition. On a même vu, une fois, une dame déguster un plat de pâtes asiatiques ! Je ne vous dis pas l'odeur qui régnait dans le bus pendant le voyage ! Car en Israël, manger á toute heure du jour ou de la nuit est un droit !
Tzipori, la Mona Lisa de la Galilée

La région de Houla, les oiseaux
Je ne vous raconterai pas les détails d'une excursion en particulier car une lettre ne suffirait pas, mais depuis quatre ans, nous en avons fait déjà pas mal : Yad Vashem bien sur, le Carmel et le Prophète Élie, les mines du roi Salomon, le musée de la Tour de David, Césarée, Kfar Rupin pour voir les oiseaux migrateurs, Tzipori la Mona Lisa de la Galilée, Ein Hod le village d'artistes avec son Musée DADA, Bet She'arim la nécropole millénaire, la route de l'huile, Mitzpe Ramon, Avdat, Jérusalem plusieurs fois, son parc archéologique Davidson et le quartier autrichien, les caves vinicole de Tishbi, le parc national de Massada, le kibboutz Ein Gedi classé Jardin Botanique National, Neve Tsedek premier quartier hors les murs de Jaffa, Neot Kedumin jardin biblique, Tel Aviv la Blanche classée au patrimoine de l'UNESCO, le Musée du Palmach, Metula la suisse de la Galilée, le Centre Hertzl....
Arrivé a destination, des groupes se constituent, autour du guide, á la périphérie du guide, loin du guide. Bien sur, les boissons et les sandwiches sont sortis, ainsi que les appareils photos ! Et la, il y a les amateurs photos, en général équipés d'appareils reflex, de pieds et de télé objectifs qui sont assez discrets, et les photographes amateurs équipés de téléphones portables, de mini appareils dont la taille peut atteindre une carte de crédit, et qui photographient á tout va, y compris de somptueux paysages !
Même au cours de tiyoulim en hébreu au cours desquels ma capacité de compréhension était limité, j'ai quand même appris des choses intéressantes. Il y a aussi la possibilité de suivre avec un livre touristique en français.
Puis vient la pause déjeuner ! Car tous les en cas précédents n'étaient que des en cas ! La pause se fait soit dans la nature, soit dans un petit restaurant, souvent arabe car moins cher, et même lorsqu'il est précisé qu'il faut emporter son repas, il y a toujours le moyen de trouver un endroit ou acheter de quoi manger.
Il est arrivé parfois que des excursionnistes prévoient le café chaud pour le groupe, et même une fois, une dame avait fabriqué spécialement du «limoncello», liqueur sucrée á base de citron, sous le prétexte qu'elle était d'origine italienne, née en Tunisie !
Il est vrai qu'après le repas de midi, pris en général vers 14 h, la force des excursionnistes diminue et leur désir de retour commence a se faire sentir. Mais certains tiyoulim se terminent tardivement en raison soit de l'éloignement, soit pour des raisons techniques. Par exemple, les oiseaux migrateurs ne sont visibles qu'au coucher du soleil, quand ils cherchent leur gîte et leur nourriture pour la nuit.
Sur le chemin du retour, certains évacuent la fatigue de la journée en faisant un petit somme, parfois les bus sont équipés d'écran de télévision sur lesquels sont diffusés des films ou des informations, d'autres continuent de discuter car elle n'ont pas eu assez de temps dans la journée, et beaucoup téléphonent á leur famille pour leur raconter leur excursion, faire le point et préparer le lendemain.
Puis tout ce petit monde se sépare rapidement en se donnant rendez vous pour la prochaine fois ou en se promettant de se téléphoner, et le tiyoul est terminé !
Il n y a pas un seul tiyoul qui nous ait laissé indifférent ! Que ce soit le paysage, ou bien l'histoire du lieu, ou encore l'histoire des gens du lieu, tout est intéressant.
Un exemple précis : Ein Hod ! Petit village d'artistes que nous avons visité maintes et maintes fois. Nous le connaissons bien, et avons du plaisir a y emmener des amis pour le leur montrer. La dernière fois, une participante a insisté pour visiter un musée, dans lequel nous n'étions jamais entré car ses horaires n'avaient jamais coïncidé avec les nôtres. Et là, quelle ne fut pas notre surprise de découvrir le «JANCO Dada Muséum», construit á la mémoire de Marcel JANCO, (24 mai 1895-21 avril 1984), précurseur du mouvement DADA et du mouvement surréaliste français, qui, en 1953, a décidé de reconstruire Ein Hod sur les ruines abandonnées d'un village arabe! Et á l'intérieur, toute une série de documents, en français, des dessins de PICASSO et de DALI, des photographies de leur époque, ainsi que des textes de nombreux artistes membres du mouvement Dada.
Voilà l'intérêt des tiyoulim en Israël !

La route de l'huile
La mer, vue de Ein Hod
Au revoir et á bientôt, LéHitraote !
Michel
Janvier 2009